vendredi 12 octobre 2012

Nobel de la Paix : courage, l'Europe !

Les jurés du Prix Nobel de la Paix ont donc choisi : l'Union Européenne rejoint les plus grands artisans de la paix que l'après guerre ait connu. Voilà l'U.E. compagne de Mère Teresa, Aung San Suu Kyi, le Dalaï Lama, Martin Luther King, Nelson Mandela, Albert Schweitzer, Yitzhak Rabin mais aussi Amnesty International ou Médecins sans Frontières... et tant d'autres phares de nos civilisations malmenées.
Quelle merveilleuse initiative ! Juste au moment où tant de pays européens cèdent aux sirènes du repli identitaire et de l'extrême droite, les Nobel ne pouvaient pas donner une plus belle leçon d'espérance qu'en décernant leur prestigieuse récompense à l'ensemble des peuples d'Europe. Voilà qui, espérons-le, va encourager chacun, des plus optimistes aux plus pessimistes, à se retrousser les manches pour participer à cette formidable aventure qu'est la construction européenne.

Evidemment, il faut avoir vécu la guerre ou ses conséquences immédiates pour savourer tout ce que représente cette décision. Plus jamais la guerre, semblent nous dire les Nobel, reconnaissant par là l'énorme avancée de l'oeuvre pacificatrice initiée par les pères de l'Europe dès les années 50. En accordant le Nobel de la Paix à l'Union Européenne, ce sont les Jean Monnet, les Robert Schuman, les Spaak, les Adenauer, les de Gaulle et tant d'autres hommes et femmes dont l'Histoire retiendra les noms qui reçoivent une part de cette récompense.
Mais peu importe que les plus jeunes ignorent les détails de cette construction européenne, si fragile aujourd'hui. L'avenir, ce sont eux qui le forgent. C'est à eux surtout que ce prix est attribué, à eux pour qu'ils le reçoivent comme un viatique leur donnant la force et le courage de poursuivre, contre vents et marées. Foin des agences de notation, des prévisions des économistes et des mauvais augures.
Avec l'attribution de ce prix, le jury du Nobel veut donner un message aux Européens : ayez confiance, vous avez déjà fait de si belles choses... Continuez ! Yallah ! dirait soeur Emmanuelle.
Quant à Jean Vanier, ce cher grand Jean Vanier qui, lui aussi, figurait parmi les 250 candidats au Prix Nobel, il doit être très heureux du choix des Nobel. Entre artisans de paix, on a l'âme grande...

Nanette

lundi 17 septembre 2012

Le Louvre comme antidote

Entrechocs de l'actualité : au moment où toutes les radios et télévisions du monde nous donnent à connaître des scènes de pillage, de mort et de destruction d'un bout à l'autre des pays musulmans pour un stupide petit film de quatorze minutes caricaturant le Prophète Mohamed, le tout expédié sur YouTube par un copte égyptien résidant en Califormie, voilà que le Louvre, ce musée accueillant chaque année à Paris neuf millions de visiteurs avides de connaissance et de civilité, ouvre un département des arts de l'islam...
Merveille !
Quel beau pied de nez à destination des barbares de tous poils, des incultes qui veulent voir se dresser les hommes les uns contre les autres au nom d'un fanatisme religieux d'un autre âge !
Ces merveilles d'une civilisation raffinée exhumées des réserves du plus grand musée du monde permettront de mieux comprendre comment, depuis le 7ème siècle et jusqu'au 20ème, de l'Espagne aux confins de l'Asie orientale des artistes sculpteurs, peintres, orfèvres et autres ont su exprimer, pour notre plus grand bonheur, toute la richesse d'esprits et d'âmes éduquées à la beauté et à la sensibilité.
Ces arts de l'islam nés dans des pays où vivaient en bonne intelligence musulmans, chrétiens, bouddhistes et autres religieux portent un témoignage d'espérance : toute vie est possible à qui accepte l'étranger tel qu'il est, avec ses différences et ses talents propres.
Auparavant, une poignée de fanatiques, réunis autour de drapeaux noirs, ont tenté vendredi de pénétrer dans l'ambassade des Etats-Unis à Paris, à deux pas de l'Elysée. Ils ont été durement et promptement évacués. Cent cinquante d'entre eux ont été interpellés par la police.
A deux encâblures de là, le Louvre s'apprêtait à ouvrir ses portes aux arts de l'islam...Comment imaginer plus bel antidote à la stupidité humaine ?
Quelle plus belle leçon de civilisation donner à ces hommes perdus dans leurs songes meurtriers !

Nanette

vendredi 14 septembre 2012

Quatorze petites minutes idiotes...

Difficile d'être plus stupide. Ou plus machiavéliquement provocateur. Cette nouvelle affaire qui embrase la planète entière par le truchement d'un petit film de quatorze minutes propagé sur le net par YouTube est bête à pleurer. Et pourrait interdire toute espérance en l'humanité !
Quelques crétins dont, pour l'instant, on peine à définir les identités se sont amusé à produire un film "satirique" hostile à l'islam, "L'innocence des musulmans" dans lequel on caricature le Prophète Mohamed et son entourage. C'est moche, idiot, même pas drôle mais c'est suffisant pour que, déjà, il y ait mort d'hommes dans divers pays arabes. Les salafistes du monde entier, toujours prêts à déchaîner la violence ont profité de cette belle occasion pour assaillir les représentations diplomatiques américaines dans les pays arabes, entraînant, entre autres,  la mort par asphyxie de l'ambassadeur américain en Libye. De très nombreuses manifestations vont se dérouler, ce vendredi jour de prière, dans la plupart des pays musulmans sans qu'il soit possible d'en prédire les conséquences.
Quant aux auteurs du film, on tente de les dévoiler : des chrétiens d'extrême-droite vivant aux Etats-Unis, un copte de Los Angeles, des Juifs américains se cachant sous le pseudo de Sam Bacile ? Les acteurs, quant à eux, se sont dit bernés, le doublage des textes en arabe ne correspondant aux textes dits par eux en anglais...
Bref, on est en plein chaos d'autant que la proximité de la date anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 à New York échauffe les esprits !

A Tunis pourtant, Merhézia Labidi, première vice-présidente de l'Assemblée Constituante, a su, une nouvelle fois, réagir en femme de foi et de dialogue : elle est allée en personne à l'ambassade des Etats-Unis présenter les condoléances de son peuple au peuple américain tout en regrettant la façon dont était traité l'islam par certains.
"Femme de l'aurore" parmi d'autres femmes courageusement impliquées dans la reconstruction de la Tunisie, Merhézia nous montre à nous, occidentales, le chemin périlleux qu'il faut emprunter pour poursuivre cette lente montée vers une démocratie adaptée à l'hstoire d'un pays.

Nanette

dimanche 2 septembre 2012

Halte au feu !

Quand donc cette entreprise de démolition systématique va-t-elle cesser ?
Quand donc, enfin, les journalistes de tous poils auront-ils l'envie, le courage, l'intelligence ou la capacité de dire : "Halte au feu ! Ca suffit, stop, on arrête de détruire au lance-flammes et à la kalachnikov tout sur notre passage, dans les journaux, sur les ondes et à travers le petit écran ?
Le mois d'août n'était pas encore mort que déjà ce n'était plus que plaintes et lamentations du matin au soir : le prix de l'essence (on va bien nous le baisser de quelques centimes d'euro !), celui des fournitures scolaires, l'augmentation des impôts pour les plus riches, la réduction des niches fiscales pour tout le monde, la mollesse du Président Hollande comparée à l'hyperactivité de son prédécesseur, l'appel au secours d'une poignée de militantes ennamourées réclamant de façon hystérique le retour de leur superman Sarkozy lors d'une université d'été dans le Var, le crêpage de chignon entre Copé, Fillon, et tutti quanti pour obtenir les rênes de l'UMP... Catastrophique, affligeant...
Et, ô bonheur, la parution du dernier livre de Jean-Claude Guillebaud qui, d'un coup de baguette magique, vient redonner le moral : un petit livre pas cher, 14 euros, publié dans une toute petite maison d'édition, L'Iconoclaste. Ca s'appelle "Une autre vie est possible". Et c'est tout bonnement enthousiasmant, revigorant, intelligent et honnête ! On n'a plus mal à la tête à force d'acédie, de chagrin à l'âme. On se dit que la résistance  proclamée par Stéphane Hessel et Edgar Morin, deux nonagénaires, est devenue une obligation.
Les Pères du désert, explique Jean-Claude Guillebaud, retranchés dans leurs ermitages aux IVè et Vè siècles, redoutaient l'acédie, un péché capital plus grave que la luxure ou la violence. L'acédie, ce renoncement à l'espérance, les guettait au coin de l'âme. Nous aussi, nous sommes guettés par cet "inexprimable chagrin, cet affaissement de l'espérance..."
Mais je ne veux pas dévoiler plus avant toutes les richesses contenues dans ce petit joyau écrit d'une plume alerte et éclairée par un journaliste qui a couvert pendant plus de 20 ans toutes les catastrophes du monde... Devenu essayiste, il nous fait profiter de sa grande culture humaniste et de son expérience inestimable.
Alors, de grâce, halte au feu médiatique !
Intéressons-nous à ce nouveau monde qui s'en vient, participons à son advenir, à notre niveau et dans notre entourage. Regardons autour de nous qui est prêt à collaborer à cette marche en avant, à cette éclosion d'une société ancrée dans l'Histoire et féconde en richesses nouvelles. Quittons nos oripeaux étriqués pour respirer plus large, osons le grand vent du futur.
Prenons à notre compte cette phrase du Deutéronome paraphrasée par J.C. Guillebaud : "Se rappeler le futur, c'est ne pas oublier que nous sommes en chemin vers lui, en marche vers un avenir dont nous pensons qu'il sera meilleur."

Un beau programme de rentrée...

Nanette

lundi 27 août 2012

Marions-les, marions-les !

Cette information entendue ce matin sur France Inter : "les évêques réfléchissent à l'éventualité de procéder au mariage religieux avant le mariage civil". Poisson d'avril ? Que nenni ! Tentative de séduction en direction des intégristes de tout poil...
On le sait en France la loi prévoit que le mariage civil doit précéder le mariage religieux. Une garantie républicaine solide contre toute tentative d'endoctrinement ou de soumission. Or certains "religieux" estiment qu'en légalisant le mariage homosexuel, le mariage perd son essence originelle. Donc s'extrait de la légalité. Rien n'interdirait alors de se marier religieusement avant de passer devant M. le Maire. A chacun ses hors-la-loi !
Du coup, on suppose déjà qu'une telle mesure réjouirait les protestants évangéliques et les musulmans radicaux. Les troupes traditionnalistes grossiraient à vue d'oeil, toutes croyances confondues. Et la laïcité aurait du plomb dans l'aile, une fois encore...
Les défenseurs de la laïcité ne vont pas manquer de monter au créneau pour défendre cet acquis fondamental de notre démocratie républicaine. Quant aux Eglises, quelles qu'elles soient, espérons qu'elles trouveront en leur sein des représentants soucieux de distinguer le spirituel du temporel et de défendre un vivre ensemble bien malmené en ces temps de grandes turbulences culturelles...

Nanette

dimanche 26 août 2012

Mon Neil Armstrong à moi

Bonheur de retrouver mon écran après plus d'un mois de séparation... Terrible dépendance !
Ce retour parmi les drogués de la communication planétaire, je veux le fêter par un grand coup de chapeau à un authentique héros des temps modernes : Neil Armstrong qui, justement, vient de s'envoler vers d'autres planètes dans le monde intersidéral... Et qui conservera toujours au fond de mon coeur une place à part : je lui dois le plus cadeau qui soit.
Comme tout un chacun, je me souviens parfaitement de ces instants historiques, de cette fameuse nuit du  21 juillet 1969 où Neil Armstrong posa patte de velours dans la poussière lunaire. Moments d'une force inoubliable !
Sachant depuis quelques jours que j'étais enceinte, je décidai d'aller annoncer la bonne nouvelle à mes parents, en vacances dans la Bretagne profonde, au coeur de l'Argoat, dans une ferme perdue au milieu des champs et d'un élevage de cochons ! Fort miraculeusement, les agriculteurs possédaient un poste de télévision, en noir et blanc soit mais doté d'une image !
A 2 h 30 du matin, le réveil sonnait et nous descendions tous dans la salle à manger, le coeur battant et la prunelle vive. La suite, tout le monde l'a vécue. Un demi milliard de coeurs battaient à l'unisson sur la planète. Une ère nouvelle s'ouvrait, le rêve entrait dans chaque maison par le truchement de ces "étranges lucarnes" devenues si familières depuis. Jamais un être humain n'avait foulé le sol d'une autre planète. Fantastique rêve... Et pour moi fantastique cadeau que ce premier bébé qui participait à de tels instants de bonheur collectif.
Ma fille est née le 7 février suivant. Totalement passionnée par le vol des oiseaux, elle est instructeur planeur, brevetée pilote amateur et travaille chez le grand constructeur européen d'avions... Quant à moi, il paraît que je dois la vie à une belle histoire d'amour vécue par mes parents au "Bar de l'Escadrille" du Bourget pendant une permission de mon père, aérostier pendant la "drôle guerre"...
Qui donc, après çà, oserait parler de liberté ?
On n'échappe pas à son destin !

Nanette

vendredi 6 juillet 2012

La vieille culturée

ça y est : ils sont en vacances ! Ce soir, c'est la grande débandade chez les pitchouns et jusqu'aux ados. "les cahiers au feu, la maîtresse au milieu !"
Seulement, les papas-mamans, eux, avaient encore, dans le meilleur des cas, une journée de travail à assurer avant les grands départs.
Alors bienvenue, les grand'mères...
Donc j'étais "de garde" aujourd'hui, pour mon plus grand plaisir... Antoine, fier de ses 10 ans et de son passage au collège à la rentrée, et Wilfried, son copain allemand, pas encore 10 ans et débarquant lui aussi au collège.
Grandes parties de ping-pong, quelques jeux vidéo, un gratouillis de guitare pour Antoine, des goûters plus que copieux et beaucoup de bonne humeur.
Wilfried ira au Portugal en caravane avec ses parents. J'entame la conversation : "Tu as de la chance, c'est très sympa, le Portugal, et les gens sont très chaleureux".
-Tu connais le Portugal ?
- Oui, j'y suis allée.
- Je m'en doutais !
- Pourquoi ?
- Parce que tu es vieille !"
Je m'en étrangle en hurlant de rire...
- Tu sais, ne dis pas çà à n'importe qui !
- Toi, tu es une vieille culturée !"

Quel beau cadeau, cher Wilfried...La vieille culturée te remercie bien bas...

Voilà, moi aussi je pars en vacances. Pas au Portugal mais pour un bon bout de temps...
Alors bonnes retrouvailles automnales et surtout : où que vous viviez, qui que vous soyiez, ne vous abandonnez pas à la sinistrose et à toutes ces balivernes !
Laissez-vous traverser par la vie.

Nanette