Essayer de faire le point sur ce qui se passe en Tunisie après avoir reçu tant d'informations, ces derniers temps.
Tenter non pas de comprendre, ce serait bien présomptueux, mais au moins de deviner, d'espérer ce que pourraient être les mois et les années à venir dans ce pays si attachant à la lumière des derniers événements.
Ce qui a fâché d'abord, peut-être à tort (le risque toujours présent de céder à la paranoïa !) : le 16 février dernier, le journal "Le Monde" publie dans le cadre de la semaine contre l'illéttrisme le témoignage d'une certaine Meherzia, 53 ans qui "a gravi tous les échelons sans jamais apprendre à lire et à écrire". On présente cette Française d'origine tunisienne totalement analphabète, qui réussit à se faire embaucher comme caissière dans un supermarché à Paris après avoir quitté un mari violent qu'elle connaissait à peine puis grâce à son habileté devient chef de rayon, l'équivalent d'un poste à bac + 4 etc. Bref, tous les poncifes bien connus sont utilisés dans cet article pour faire l'apologie de la débrouille et de l'apparence. Un journal tunisien hostile au parti Ennadha, "Le Maghreb", a repris cet article du Monde, dans son édition du 15 mars, en y ajoutant le nom de famille Labidi, laissant croire que la Meherzia analphabète du "Monde" ne serait autre que Meherzia Labidi, vice-présidente de l'Assemblée Constituante, membre du parti Ennadha et quatrième personnalité dans la hiérarchie du paysage politique tunisien.
Les réseaux sociaux, tunisiens prioritairement, ont sauté sur l'occasion pour enfoncer le clou et entretenir la confusion... Certes, en politique tous les coups sont permis, on le constate tous les jours mais les proches de Mme Labidi ont réagi en rappelant son palmarès universitaire : DEA de Littérature et Civilisation des pays celtiques, DEA d'études théâtrales, Master en traduction économique et juridique de l'ESIT-Sorbonne (trilingue). De quoi clouer le bec à ses détracteurs... De plus, sa remarquable capacité de médiatrice lui vient de ses nombreuses années consacrées au dialogue interreligieux au sein de l'ONG reconnue par l'ONU "Conférence Mondiale des Religions pour la Paix" qui lui ont valu de parcourir le monde en tant qu'ambassadrice de la paix. Preuve vivante qu'il est possible de concilier islam et modernité, religion et féminisme et pourquoi pas "francité" et "tunicité", Meherzia Labidi agace et fait peur parce qu'elle casse bien des images fausses que certains ont tout intérêt à développer et à propager. Par les réseaux sociaux entre autres.
Heureusement, le 12 avril dernier, à l'Institut du Monde Arabe à Paris, le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki donnait une conférence à l'occasion de la sortie d'un livre consacré à la démocratie tunisienne en marche, "L'invention de la démocratie" (Edition de La Découverte). Ce fut l'occasion d'entendre une parole sans intermédiaire, en live.
Que d'intelligence et d'espoir dans ses propos !
lundi 29 avril 2013
dimanche 21 avril 2013
Le secret de la famille Moulin-Fournier
Belle leçon de dignité, de courage et de discrétion que celle donnée par la famille Moulin-Fournier, enfin extirpée de l'enfer en ce vendredi 19 avril. Albane, magnifique mère-courage, Tanguy, ce père plein de force morale, Cyril, son frère embarqué bien malgré lui dans cette terrible aventure et les quatre jeunes garçons du couple dont, bien heureusement, nous ne verrons jamais les visages ni n'entendrons la voix, ont occupé nos écrans une bonne partie du week-end, perdus parmi la foule des manif-pour-tous, manif gay, attentat de Boston, marathon de Londres, finale de tennis perdue par Nadal et coupe de la Ligue de foot gagnée par St-Etienne après 32 ans d'échec...
Que d'émotions !
Mais la plus belle, la plus profonde, la plus remplie de joie de toutes ces informations, c'est bien sûr l'arrivée de cette magnifique famille Moulin-Fournier à Orly, rentrant en France après deux mois de captivité au Nigeria à la suite d' un enlèvement crapuleux. Toute la famille réunie sur le tapis rouge,autour du Président de la République, de sa compagne et du ministre des Affaires Etrangères, à la descente d'avion, à Orly, a fait preuve d'une réserve, d'une émotion contenue plus impressionnante que n'importe quel discours.
On devinait bien quelles épreuves les adultes et les enfants avaient du endurer pendant ces deux mois. Mais comment ne pas ressentir la beauté morale de ce couple, interviewé au journal télévisé de France 2 le soir même de leur délivrance lorsqu'ils racontèrent, le visage radieux, ce que fut leur quotidien ? "Les enfants ont très bien résisté, dit Albane, la mère ; ils n'ont pas pleuré, n'ont pas fait de cauchemar. Nous avions pu emporter trois livres : les fables de La Fontaine, "La chèvre de M. Seguin" et un livre sur les jeux olympiques de la Grèce antique". C'est exactement ce qu'il fallait pour que ces enfants gardent leurs repères culturels, moraux, pour que le socle familial ne cède pas. "Nous avons continué des rituels, expliqua Cyril, l'oncle ; la préparation du petit déjeuner, ranger nos affaires, faire la toilette, bien sûr avec le peu que nous avions. Il fallait avoir du rythme". Quelle leçon éducative ! Mais surtout la famille n'a jamais été séparée ; ils ont continué à vivre, à jouer, à dormir, à s'aimer comme d'habitude.
Alors que la France n'en finit pas de se battre et de faire monter les extrêmes avec le mariage homosexuel et ses appendices, la famille Moulin-Fournier vient nous dire la beauté d'une relation toute simple, bâtie sur l'amour, la tendresse et la force spirituelle. Albane a remercié tous ceux, de toutes religions, qui avaient prié pour eux dans le monde. Jamais ils n'ont perdu confiance, c'est là leur secret.Et le pédopsychiatre Marcel Ruffo dit simplement pourquoi tout se passera bien, malgré les traumatismes vécus : "Grâce à la force du père, la famille est soudée ; il dit à ses enfants "je suis le maître de votre destinée". Ils peuvent retourner au Cameroun sans dommage. Merveille de père...
Nanette
Que d'émotions !
Mais la plus belle, la plus profonde, la plus remplie de joie de toutes ces informations, c'est bien sûr l'arrivée de cette magnifique famille Moulin-Fournier à Orly, rentrant en France après deux mois de captivité au Nigeria à la suite d' un enlèvement crapuleux. Toute la famille réunie sur le tapis rouge,autour du Président de la République, de sa compagne et du ministre des Affaires Etrangères, à la descente d'avion, à Orly, a fait preuve d'une réserve, d'une émotion contenue plus impressionnante que n'importe quel discours.
On devinait bien quelles épreuves les adultes et les enfants avaient du endurer pendant ces deux mois. Mais comment ne pas ressentir la beauté morale de ce couple, interviewé au journal télévisé de France 2 le soir même de leur délivrance lorsqu'ils racontèrent, le visage radieux, ce que fut leur quotidien ? "Les enfants ont très bien résisté, dit Albane, la mère ; ils n'ont pas pleuré, n'ont pas fait de cauchemar. Nous avions pu emporter trois livres : les fables de La Fontaine, "La chèvre de M. Seguin" et un livre sur les jeux olympiques de la Grèce antique". C'est exactement ce qu'il fallait pour que ces enfants gardent leurs repères culturels, moraux, pour que le socle familial ne cède pas. "Nous avons continué des rituels, expliqua Cyril, l'oncle ; la préparation du petit déjeuner, ranger nos affaires, faire la toilette, bien sûr avec le peu que nous avions. Il fallait avoir du rythme". Quelle leçon éducative ! Mais surtout la famille n'a jamais été séparée ; ils ont continué à vivre, à jouer, à dormir, à s'aimer comme d'habitude.
Alors que la France n'en finit pas de se battre et de faire monter les extrêmes avec le mariage homosexuel et ses appendices, la famille Moulin-Fournier vient nous dire la beauté d'une relation toute simple, bâtie sur l'amour, la tendresse et la force spirituelle. Albane a remercié tous ceux, de toutes religions, qui avaient prié pour eux dans le monde. Jamais ils n'ont perdu confiance, c'est là leur secret.Et le pédopsychiatre Marcel Ruffo dit simplement pourquoi tout se passera bien, malgré les traumatismes vécus : "Grâce à la force du père, la famille est soudée ; il dit à ses enfants "je suis le maître de votre destinée". Ils peuvent retourner au Cameroun sans dommage. Merveille de père...
Nanette
samedi 6 avril 2013
Président furtif
Images calamiteuses, en cette mi-journée de samedi aux Journaux télévisés : François Hollande, le "président normal", en déplacement dans sa bonne ville de Tulle dont il fut maire pendant une vingtaine d'années et qui a voté à 75 % pour lui en mai dernier, se planque comme un voleur pour ne pas affronter quelques dizaines de manifestants opposants au "mariage pour tous" massés devant les grilles fermées de la préfecture... Pour leur échapper, il est passé par une porte dérobée, à l'arrière du bâtiment et ne rencontrera pas un seul citoyen hors les murs de la préfecture... Tristesse !
Pendant les quatre petites heures que durera son déplacement en province, il remettra six médailles à des habitants du lieu mais restera bien à l'abri derrière les fenêtres officielles.
Les journalistes ne lui font pas de cadeau : récits et images de ce méchant épisode feront plus de dégâts dans l'opinion que les hésitations et les approximations verbales du président de la République pris dans l'engrenage de l'affaire Cahuzac.
Me revient en mémoire l'attitude du général De Gaulle, au lendemain de la libération de Paris en août 1944 : alors qu'un Te Deum d'action de grâces retentissait dans la cathédrale Notre-Dame, le général au premier rang de l'assistance, on entendit des coups de feu tirés en cascade et l'on vit des centaines de personnes se réfugier sous leurs chaises pour se protéger. Un seul, du haut de ses deux mètres, demeura debout, impassible face au danger : le général De Gaulle...
Ne nous laissons pas emporter par la déception qui nous ferait devenir cruelle en comparant quelques excités portant des banderoles devenues dérisoires et un peuple survivant à cinq ans d'une guerre ayant causé la mort de millions d'êtres humains.
Nanette
Pendant les quatre petites heures que durera son déplacement en province, il remettra six médailles à des habitants du lieu mais restera bien à l'abri derrière les fenêtres officielles.
Les journalistes ne lui font pas de cadeau : récits et images de ce méchant épisode feront plus de dégâts dans l'opinion que les hésitations et les approximations verbales du président de la République pris dans l'engrenage de l'affaire Cahuzac.
Me revient en mémoire l'attitude du général De Gaulle, au lendemain de la libération de Paris en août 1944 : alors qu'un Te Deum d'action de grâces retentissait dans la cathédrale Notre-Dame, le général au premier rang de l'assistance, on entendit des coups de feu tirés en cascade et l'on vit des centaines de personnes se réfugier sous leurs chaises pour se protéger. Un seul, du haut de ses deux mètres, demeura debout, impassible face au danger : le général De Gaulle...
Ne nous laissons pas emporter par la déception qui nous ferait devenir cruelle en comparant quelques excités portant des banderoles devenues dérisoires et un peuple survivant à cinq ans d'une guerre ayant causé la mort de millions d'êtres humains.
Nanette
vendredi 5 avril 2013
Verts pâturages
Rafraîchissantes collines gersoises dans ce tumulte politico-médiatique qui empoisonne ce printemps qui n'en finit pas d'arriver... Dans la noirceur des "affaires" propres à nous démoraliser pour longtemps, vagabonder au coeur des pâturages verdoyants a enfin la vertu d'éclairer notre horizon !
Oui, qu'il est bon d'admirer ces verts aux multiples variantes : vert profond des blés, vert tendre des jachères déjà parsemées de fleurs, verts camaïeus s'étendant à perte de vue sur les flancs des collines mordorées se partageant le territoire avec les labours moirés en attente des prochaines semailles.
Qu'il est doux de se réconcilier avec la terre qui ne ment pas, elle, de s'émerveiller des splendeurs de ces pâturages soyeux semblables à de vastes tapis aux couleurs franches et toniques. Point de dissimulation, de tricheries, d'adoration de ce veau d'or éternel, l'argent, le fric, le flous, le pognon, le pèze qui fait tourner les têtes les plus pleines. Douceur de ces vallons gonflés d'oxygène, loin de toute pollution industrielle où le cerveau trouve sa nourriture régénérante, où le coeur ne vacille pas entre deux médiocrités, où l'esprit retrouve son équilibre...
Verts pâturages de cette belle France tellement malmenée par des oiseaux de mauvais augure qui ne cessent de l'entraîner vers les abysses.
Ressourçons-nous dans ces verts pâturages à la splendide simplicité qui s'offrent à nous en toute candeur.
"Beauté du monde et souffrance des hommes" écrivait François Varillon, ce grand jésuite qui compta tellement dans la vie spirituelle des croyants, dans les années 70-80.
Admirons le monde et la souffrance de l'homme s'atténuera.
Nanette
Oui, qu'il est bon d'admirer ces verts aux multiples variantes : vert profond des blés, vert tendre des jachères déjà parsemées de fleurs, verts camaïeus s'étendant à perte de vue sur les flancs des collines mordorées se partageant le territoire avec les labours moirés en attente des prochaines semailles.
Qu'il est doux de se réconcilier avec la terre qui ne ment pas, elle, de s'émerveiller des splendeurs de ces pâturages soyeux semblables à de vastes tapis aux couleurs franches et toniques. Point de dissimulation, de tricheries, d'adoration de ce veau d'or éternel, l'argent, le fric, le flous, le pognon, le pèze qui fait tourner les têtes les plus pleines. Douceur de ces vallons gonflés d'oxygène, loin de toute pollution industrielle où le cerveau trouve sa nourriture régénérante, où le coeur ne vacille pas entre deux médiocrités, où l'esprit retrouve son équilibre...
Verts pâturages de cette belle France tellement malmenée par des oiseaux de mauvais augure qui ne cessent de l'entraîner vers les abysses.
Ressourçons-nous dans ces verts pâturages à la splendide simplicité qui s'offrent à nous en toute candeur.
"Beauté du monde et souffrance des hommes" écrivait François Varillon, ce grand jésuite qui compta tellement dans la vie spirituelle des croyants, dans les années 70-80.
Admirons le monde et la souffrance de l'homme s'atténuera.
Nanette
jeudi 21 mars 2013
La tendre Mme Ouvroir
Petit message tout en douceur aujourd'hui. Peut-être l'effet du printemps enfin là ?
Mon petit-fils de 10 ans s'est pris récemment de passion pour le tricot. De sa propre initiative, il est allée voir une dame tenant boutique de laine, broderie, tapisserie et autres merveilles près de chez lui. Une dame souriante, accueillante, un peu rondelette, toujours prête à donner de son temps. Appelons-la Mme Ouvroir. Il lui a dit qu'il voulait tricoter une écharpe pour son frère qui fêtait ses 14 ans, qu'il lui fallait donc des aiguilles et quelques pelotes de laine. Mme Ouvroir, qui ne doit pas avoir tant de jeunes clients aussi acharnés, lui a conseillé des aiguilles en bambou, n° 7 et de la laine alpaga-mérinos. Rien que du beau !
Et voilà mon Antoine qui, depuis quelques semaines, passe tous ses loisirs à aligner les rangs, à s'initier au point mousse, puis au point de riz, puis jersey, puis aux côtes anglaises... et maintenant il a entrepris de mener à bien la fabrication d'une couverture en patchwork avec des carrés de 20 cms sur 20 cms. Du coup, toute la famille s'y est mise, même la grand'mère qui n'avait plus touché une aiguille ni une pelote de laine depuis plus de 30 ans, au temps de sa dernière grossesse...
Ce petit Antoine est en train de devenir incollable en qualités de laine, en variétés de couleurs, en marques et en provenance ; tout doit être "made in France" ! Il est devenu le grand copain de Mme Ouvroir, va la voir pour le moindre détail, le plus petit problème de point perdu, de nouvelle aiguille à découvrir pour finaliser son ouvrage...
Après tout, pourquoi ne pas lui demander d'essayer de rattraper ce vilain bout de laine méchamment tiré de ma veste depuis plusieurs années ? "J'ai réfléchi au collège, me dit-il, et je crois que j'ai trouvé comment faire" ; et le voilà avec une grande aiguille, tout simplement, réintégrant la laine dans la manche... Je suis confondue !
N'allez pas croire qu'il s'agisse d'un nouveau Saint-Laurent ou du Christian Dior des années 2030 ! Non, parce qu'il aime aussi par-dessus tout jouer de la guitare classique et dessiner, apprendre le solfège et peindre en pleine nature... Ce qui ne l'empêche pas d'avoir 15,5 de moyenne en classe.
Un surdoué ? Sûrement pas. Seulement un enfant "bien dans ses baskets", goûtant la vie avec délices et sans excès.
Finalement, ce n'est pas si compliqué : il suffit d'une paire d'aiguilles à tricoter et d'une pelote de laine...Et de beaucoup de tendresse autour de lui !
Nanette
Mon petit-fils de 10 ans s'est pris récemment de passion pour le tricot. De sa propre initiative, il est allée voir une dame tenant boutique de laine, broderie, tapisserie et autres merveilles près de chez lui. Une dame souriante, accueillante, un peu rondelette, toujours prête à donner de son temps. Appelons-la Mme Ouvroir. Il lui a dit qu'il voulait tricoter une écharpe pour son frère qui fêtait ses 14 ans, qu'il lui fallait donc des aiguilles et quelques pelotes de laine. Mme Ouvroir, qui ne doit pas avoir tant de jeunes clients aussi acharnés, lui a conseillé des aiguilles en bambou, n° 7 et de la laine alpaga-mérinos. Rien que du beau !
Et voilà mon Antoine qui, depuis quelques semaines, passe tous ses loisirs à aligner les rangs, à s'initier au point mousse, puis au point de riz, puis jersey, puis aux côtes anglaises... et maintenant il a entrepris de mener à bien la fabrication d'une couverture en patchwork avec des carrés de 20 cms sur 20 cms. Du coup, toute la famille s'y est mise, même la grand'mère qui n'avait plus touché une aiguille ni une pelote de laine depuis plus de 30 ans, au temps de sa dernière grossesse...
Ce petit Antoine est en train de devenir incollable en qualités de laine, en variétés de couleurs, en marques et en provenance ; tout doit être "made in France" ! Il est devenu le grand copain de Mme Ouvroir, va la voir pour le moindre détail, le plus petit problème de point perdu, de nouvelle aiguille à découvrir pour finaliser son ouvrage...
Après tout, pourquoi ne pas lui demander d'essayer de rattraper ce vilain bout de laine méchamment tiré de ma veste depuis plusieurs années ? "J'ai réfléchi au collège, me dit-il, et je crois que j'ai trouvé comment faire" ; et le voilà avec une grande aiguille, tout simplement, réintégrant la laine dans la manche... Je suis confondue !
N'allez pas croire qu'il s'agisse d'un nouveau Saint-Laurent ou du Christian Dior des années 2030 ! Non, parce qu'il aime aussi par-dessus tout jouer de la guitare classique et dessiner, apprendre le solfège et peindre en pleine nature... Ce qui ne l'empêche pas d'avoir 15,5 de moyenne en classe.
Un surdoué ? Sûrement pas. Seulement un enfant "bien dans ses baskets", goûtant la vie avec délices et sans excès.
Finalement, ce n'est pas si compliqué : il suffit d'une paire d'aiguilles à tricoter et d'une pelote de laine...Et de beaucoup de tendresse autour de lui !
Nanette
mercredi 13 mars 2013
François, le pape des pauvres
Joie, bonheur, fierté... Quoi encore : dilatation de l'âme face à ce coup de tonnerre reçu comme un cadeau à 20 h 11 en ce mercredi 13 mars, en direct du balcon du Vatican...
Un nouveau pape nous est donné, venu de l'autre côté de l'Océan, "du bout du monde" comme il le dit lui-même dans un sourire. Un Jésuite, érudit, équilibré, pastoral, d'une simplicité franciscaine ; Jorge Mario Bergoglio, "l'ascète proche des pauvres" comme titrait le journal La Croix, le vendredi 8 mars dans sa présentation des figures du conclave susceptibles de succéder à Benoît XVI.
Sur la place St-Pierre, dans la rue de la Conciliation, noires de monde, tout à coup la clameur s'est tue. Comme si la foule était en état de sidération à la vue de cet homme blanc tellement surprenant, déjouant tous les pronostics. En état de choc. Lui, l'homme de l'autre hémisphère, du continent américain qui n'avait encore jamais donné de pape à l'Eglise, se présente à eux, demeure de longs instants totalement figé, les bras ballants, simplement vêtu de cette soutane blanche unique au monde, l'air tellement calme qu'il semble leur dire : "Eh bien, oui, c'est moi que les cardinaux ont choisi, moi qui vient vers vous dans ma pauvreté et mon humilité, avec pour seule mission celle de vous conduire sur le chemin de l'Evangile".
C'était tout simplement prodigieux.
Les premiers mots du pape François -puisque c'est ainsi qu'il a choisi de s'appeler en référence à François d'Assise, le povorello- furent pour prier pour Benoît XVI, un "Notre Père", la prière enseignée par le Christ, puis un "Je vous salue, Marie" ; et ces quelques phrases improvisées engageant le peuple à le suivre "sur le chemin de la fraternité, de l'amour entre nous". Et encore cette attitude d'humilité demandant au peuple face à lui de "prier le Seigneur pour qu'Il me bénisse"... Et cet immense silence emplissant la place St-Pierre, chargé d'une prière fervente. Enfin, il devient pape en revêtant l'étole, le temps de donner sa première bénédiction "urbi et orbi" puis il enlève l'étole et redevient l'humble évêque de Rome au service de ses frères...
Quelle rupture avec la fameuse pompe vaticane tant raillée. Quelle première leçon de retour aux sources essentielles du message chrétien : la pauvreté évangélique, l'attention aux plus petits, aux déshérités. Déjà on raconte des anecdotes le concernant : la vente de la résidence des archevêques de Buenos Aires et son choix de vivre dans un petit appartement proche de la cathédrale ; le soutien qu'il apportât à l'un de ses prêtres menacé de mort par les narcotrafiquants en allant vivre plusieurs jours avec lui dans son bidonville.
Oui, le pape François va nous étonner. Ce sera le pape de la révolution tranquille, celle du coeur qui choisit l'autre plutôt que lui-même, le service plutôt que la satisfaction de ses désirs, la fraternité plutôt que l'intolérance.
Nanette
Un nouveau pape nous est donné, venu de l'autre côté de l'Océan, "du bout du monde" comme il le dit lui-même dans un sourire. Un Jésuite, érudit, équilibré, pastoral, d'une simplicité franciscaine ; Jorge Mario Bergoglio, "l'ascète proche des pauvres" comme titrait le journal La Croix, le vendredi 8 mars dans sa présentation des figures du conclave susceptibles de succéder à Benoît XVI.
Sur la place St-Pierre, dans la rue de la Conciliation, noires de monde, tout à coup la clameur s'est tue. Comme si la foule était en état de sidération à la vue de cet homme blanc tellement surprenant, déjouant tous les pronostics. En état de choc. Lui, l'homme de l'autre hémisphère, du continent américain qui n'avait encore jamais donné de pape à l'Eglise, se présente à eux, demeure de longs instants totalement figé, les bras ballants, simplement vêtu de cette soutane blanche unique au monde, l'air tellement calme qu'il semble leur dire : "Eh bien, oui, c'est moi que les cardinaux ont choisi, moi qui vient vers vous dans ma pauvreté et mon humilité, avec pour seule mission celle de vous conduire sur le chemin de l'Evangile".
C'était tout simplement prodigieux.
Les premiers mots du pape François -puisque c'est ainsi qu'il a choisi de s'appeler en référence à François d'Assise, le povorello- furent pour prier pour Benoît XVI, un "Notre Père", la prière enseignée par le Christ, puis un "Je vous salue, Marie" ; et ces quelques phrases improvisées engageant le peuple à le suivre "sur le chemin de la fraternité, de l'amour entre nous". Et encore cette attitude d'humilité demandant au peuple face à lui de "prier le Seigneur pour qu'Il me bénisse"... Et cet immense silence emplissant la place St-Pierre, chargé d'une prière fervente. Enfin, il devient pape en revêtant l'étole, le temps de donner sa première bénédiction "urbi et orbi" puis il enlève l'étole et redevient l'humble évêque de Rome au service de ses frères...
Quelle rupture avec la fameuse pompe vaticane tant raillée. Quelle première leçon de retour aux sources essentielles du message chrétien : la pauvreté évangélique, l'attention aux plus petits, aux déshérités. Déjà on raconte des anecdotes le concernant : la vente de la résidence des archevêques de Buenos Aires et son choix de vivre dans un petit appartement proche de la cathédrale ; le soutien qu'il apportât à l'un de ses prêtres menacé de mort par les narcotrafiquants en allant vivre plusieurs jours avec lui dans son bidonville.
Oui, le pape François va nous étonner. Ce sera le pape de la révolution tranquille, celle du coeur qui choisit l'autre plutôt que lui-même, le service plutôt que la satisfaction de ses désirs, la fraternité plutôt que l'intolérance.
Nanette
samedi 2 mars 2013
Assomption papale
Images inoubliables que celles du pape Benoît XVI s'envolant, jeudi en fin d'après-midi, dans le ciel romain après s'être appliqué à lui-même l'injonction des "printemps arabes", "Dégage !"
Merveilleuse parabole à inscrire dans l'histoire de la papauté que ce pape s'élevant dans les airs, à bord d'un hélicoptère tout blanc, comme sa soutane, et survolant le dôme de St-Pierre puis le Colisée qui vit se dérouler tant de jeux du cirque pratiqués sous tant de règnes d'empereurs romains...
Comment nommer cet envol : ascension ? assomption ? envol tout simplement ?
Oui, Joseph Ratzinger a choisi, en son âme et conscience, de "dégager".La stupeur passée, il reste comme un grand fou rire intérieur : il a osé ! Au nez et à la barbe du monde entier, il a osé poser un acte d'homme totalement libre, choisissant ce qu'aucun cinéaste -pas même Nanni Moretti- n'aurait osé imaginer : tirer sa révérence avec élégance et discrétion.
Encore un petit discours à la fenêtre de ses appartements privés destiné à une foule immense massée place St-Pierre ; et puis, à peine arrivé à Castel-Gandolfo, un petit bonsoir du haut du balcon à l'adresse d'une petite foule venue l'acclamer une dernière fois. "Bonne nuit" leur a-t-il dit en ultime adieu... Fascinant !
Dès que le nouveau pape sera élu, il rentrera au Vatican, accueilli dans un doux monastère où l'on veillera sur lui avec affection. Il pourra jouer du piano, cultiver ses roses, prier, écrire, lire...Bref, Sa Sainteté vivra sans doute encore de longues et paisibles années de retraité, à l'abri des turbulences du monde, après huit années papales trop lourdes pour ses frêles épaules.
"Sa Sainteté a bien dormi" a précisé son entourage dans un communiqué de presse, le lendemain matin...
Tout juste a-t-il troqué ses chaussures rouges... pour des chaussures marron !
Décidément, nous vivons une drôle d'époque...
Nanette
Merveilleuse parabole à inscrire dans l'histoire de la papauté que ce pape s'élevant dans les airs, à bord d'un hélicoptère tout blanc, comme sa soutane, et survolant le dôme de St-Pierre puis le Colisée qui vit se dérouler tant de jeux du cirque pratiqués sous tant de règnes d'empereurs romains...
Comment nommer cet envol : ascension ? assomption ? envol tout simplement ?
Oui, Joseph Ratzinger a choisi, en son âme et conscience, de "dégager".La stupeur passée, il reste comme un grand fou rire intérieur : il a osé ! Au nez et à la barbe du monde entier, il a osé poser un acte d'homme totalement libre, choisissant ce qu'aucun cinéaste -pas même Nanni Moretti- n'aurait osé imaginer : tirer sa révérence avec élégance et discrétion.
Encore un petit discours à la fenêtre de ses appartements privés destiné à une foule immense massée place St-Pierre ; et puis, à peine arrivé à Castel-Gandolfo, un petit bonsoir du haut du balcon à l'adresse d'une petite foule venue l'acclamer une dernière fois. "Bonne nuit" leur a-t-il dit en ultime adieu... Fascinant !
Dès que le nouveau pape sera élu, il rentrera au Vatican, accueilli dans un doux monastère où l'on veillera sur lui avec affection. Il pourra jouer du piano, cultiver ses roses, prier, écrire, lire...Bref, Sa Sainteté vivra sans doute encore de longues et paisibles années de retraité, à l'abri des turbulences du monde, après huit années papales trop lourdes pour ses frêles épaules.
"Sa Sainteté a bien dormi" a précisé son entourage dans un communiqué de presse, le lendemain matin...
Tout juste a-t-il troqué ses chaussures rouges... pour des chaussures marron !
Décidément, nous vivons une drôle d'époque...
Nanette
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