mercredi 2 avril 2014

"Marions-les, marions-les..."

"Marions-les, marions-les ; je crois qu'ils se ressemblent"
"Marions-les, marions-les ; ils seront très heureux ensemble !"

Qui donc ? Mais François et Ségolène, bien sûr !
Enfin, les voilà réunis. Autour de la table des ministres, d'accord, mais çà vaut bien un banquet nuptial ! Et puis ils sont libres, l'un et l'autre, après leurs escapades diverses et plus ou moins éphémères. Exit Valérie, exit Julie. Elles n'avaient, ni l'une ni l'autre, la carrure élyséenne.
Ségolène, c'est différent : les bancs de l'ENA avec François, vingt ans de vie commune, quatre enfants ensemble, une vie politique commencée dans le sillage de François Mitterrand et parsemée de ministères, de présidences en tous genres, la victoire aux primaires socialistes, l'affrontement avec Nicolas Sarkozy : elle a le cuir tanné, la Ségolène et sait encaisser les coups, aussi bien politiques que sentimentaux.
Quant à lui, François, ce poisson au sang froid, ce grand timide bousculé par la fonction présidentielle, ce grand maladroit avec les femmes, il aurait tout à gagner à s'avouer vaincu, à accepter enfin un bercail conjugal après tous ces chemins de traverse qui lui ont fait tant de tort.
Moi, je vote pour que ces deux tourtereaux qui ne sont plus des pigeons de l'année et qui n'ont jamais été mariés -ni l'un ni l'autre- demandent à Anne Hidalgo, ceinte de son écharpe tricolore toute neuve, de les unir à la mairie de Paris. Et pour faire bonne mesure Juliette Gréco serait leur témoin. C'est tout de même elle l'auteur de cette chanson si charmante, et peut-être prémonitoire"Marions-les, marions-les" dont la mélodie nous poursuit depuis des décennies. D'accord, il faudrait faire çà discrètement, loin de ces paparazzi destructeurs de vie privée. Juste avec des gens qu'on aime...
D'ailleurs pour participer à la liesse générale, vous pouvez télécharger cette allègre chansonnette sur vos portables !
Rêvons un peu...

Nanette

lundi 31 mars 2014

Vox populi...

Les urnes ont parlé. Qu'on apprécie ou qu'on soit plein de tristesse,  d'amertume ou d'inquiétude pour l'avenir, c'est ainsi. "Vox populi, vox dei" dit l'adage, même si le "dei" se fait de plus en plus discret, au moins en apparence.
Ainsi la France des 36 700 communes a choisi. Même les plus optimistes, comme Jean-Claude Gaudin, l'indéboulonnable maire de Marseille qui, à 74 ans, rempile pour un 4ème mandat, n'en reviennent pas d'un tel raz-de-marée bleu profond. Les politologues avaient prévenu : avec plus de 130 villes perdues par la gauche, on pourra parler de tsunami. Et voilà qu'on en dénombre 155... Heureusement, quelques-unes sauvent l'honneur ; Grenoble par exemple où les ombres tutélaires de Pierre Mendes-France et de Hubert Dubedout, hommes intègres de la politique locale inscrits dans l'histoire récente, semblent avoir protégé un jeune écologiste porteur d'espérance, Eric Piolle. Pour beaucoup d'autres, le fauteuil laissé vide par un maire socialiste ou communiste n'est pas nécessairement synonyme de catastrophe : François Bayrou à Pau fera un bon maire centriste, en équipe pour l'Aquitaine avec Alain Juppé à Bordeaux. A Paris, l'UMP NKM a raté son coup, la socialiste Anne Hidalgo, beaucoup plus sympathique et rompue à la vie locale depuis 13 ans aux côtés du maire Bertrand Delanoë, récoltant les fruits de sa fidélité sans faille.
On pourrait égrener le chapelet de ces villes ayant basculé de gauche à droite, de droite au Front National, Marine Le Pen avec l'aide des medias ayant réussi à présenter le parti créé par son père comme un parti tout à fait fréquentable, un "parti d'adhésion" comme elle le définit maintenant elle-même.
La France ne va pas bien. Dans sa tête surtout. Et les résultats de ces élections le prouvent. Elle demande des résultats, des décisions énergiques, intelligentes. Pas des coups de cœur à l'italienne comme est en train d'en distribuer à tout-va le nouvel homme fort d'Italie, Renzi. La France est un pays rationnel, réfléchi, riche d'une longue histoire structurante et révolutionnaire aussi. Les électeurs ont dit beaucoup de choses avec leur bulletin de vote. Les grands débats de société sur le mariage pour tous avec tous ses corollaires, l'euthanasie ont inutilement réveillé de vieux démons sans mettre en scène les débats sérieux qui auraient permis de mieux comprendre les enjeux de tels bouleversements. Sans doute pour certains participants des "manif pour tous", l'occasion a été saisie d'exprimer leur rejet de ces avancées sociétales mal ficelées.
Au fond, ce qui a manqué le plus à ce gouvernement qui, sans doute, vit ses dernières heures, c'est l'art et la manière de savoir expliquer où il nous embarquait, pourquoi le président prenait de telles décisions, quelles perspectives économiques guidaient leurs choix, quel était le calendrier des mois à venir. En somme, l'équipe gouvernementale a totalement manqué de pédagogie dans notre société de l'image et de l'instantanéité !
Alors vox populi, vox dei ?
Sans aucun doute. Mais l'expression ne s'est pas figée dans le temps, malgré les apparences. Le latin est une langue vivante. Peut-être nos dirigeants devraient-ils relire leur "Guerre des Gaules" !

Nanette

vendredi 28 mars 2014

Eloge des bourrelets superflus

Jamais je n'ai autant chéri mes petits bourrelets superflus que depuis 48 heures... Grâce à eux, j'ai évité la fracture du col du fémur, la prothèse de hanche, des genoux et, pourquoi pas, le nez cassé, les pommettes itou et les lunettes en miettes !
Bon, j'exagère un brin mais sait-on jamais ?
Mes amortisseurs bien placés (bas du dos, épaules surtout) auxquels j'ajoute une absence totale d'ostéoporose et une énergie farouche m'ont aidée à me défaire avec un minimum de dégâts d'un malandrin qui en voulait à mon sac ! Comme çà, à 15 heures en plein centre-ville ! Non mais, et puis quoi encore !
Le grand gars, encapuchonné, me tape sur l'épaule, comme si on était copains. Je me retourne, il s'agrippe aux anses de mon sac en cuir que je portais, funeste habitude, en bandoulière à mon épaule gauche. D'instinct, je replie le bras sur le précieux sac (bourré de papiers administratifs, cartes bancaires, carnets de chèques, portable, enfin toute la panoplie d'un sac de femme, autre habitude funeste !) et je me mets à beugler :" espèce de petit merdeux !" etc. Mais lui tire de plus belle, la rue est totalement déserte et finalement je m'étale, lui tirant de toutes ses jeunes forces... Me voilà traînée sur le trottoir, toujours accrochée à ma bourse comme la moule sur son rocher. Vingt deux, il ne m'aura pas, le bougre ! Mais je commence à mollir... C'est là qu'interviennent mes précieux bourrelets dont je me passerais bien quand j'essaye un nouveau vêtement.
Sentant la force me manquer, je tente un "au secours !" voué à l'échec puisqu'il n'y a toujours personne alentour. Et, miracle, l'apprenti brigand détale, les mains vides ! Une voiture arrive enfin, le conducteur me demande ce qui se passe et file derrière l'encapuchonné qui, bien sûr, a disparu derrière un immeuble.
Sans doute ai-je été "sauvée" par l'arrivée opportune de cette voiture.

Rentrée chez moi et après avoir copieusement engueulé un malheureux SDF qui, devant la bouche de métro, me réclamait 50 centimes et qui se reçut en plein figure quelques vigoureux "ah ! vous, foutez-moi la paix, je viens de me faire agresser !" -c'est fou comme çà soulage de se lâcher- je m'aperçois que la manche gauche de mon manteau ne tenait plus que par un fil. Il a vraiment tiré fort, le gaillard...
Mâchée de partout, les genoux couronnés, un magnifique hématome à hauteur de la hanche, l'épaule endolorie, je savoure ma victoire : elle a résisté, la mémé !
Au fond, c'est çà qui a décuplé mes forces ; pas question de céder à la trouille ambiante. Mon instinct de conservation a parlé.
Et mes bourrelets ont fait office de gilet pare-balles. Alors pas question d'entamer un régime pour faire fondre une quelconque mauvaise graisse... Qu'on se le dise dans les chaumières !

Morale de l'histoire pour vous, mes sœurs qu'on appelle "personnes âgées" : ne pas sortir avec un sac en bandoulière. Préférer une pochette portée devant soi contenant le minimum de documents, d'argent liquide ou de clés. Et puis faire comme les Scandinaves : porter un sac-leurre, un vieux sac sans valeur dans lequel on met un vieux parapluie, un bouquin auquel on ne tient pas, quelques trucs pour faire croire que nous transportons le Saint-Sacrement en personne...
Si on nous attaque, on lâche tout et on rigole sous cape.
Mais be careful quand même...

Nanette

samedi 1 mars 2014

Guillaume Gallienne : ave, César !

L'Académie du cinéma a remis hier soir ses récompenses à l'ensemble de la profession pour l'année 2013. Guillaume Gallienne est sorti grand vainqueur de la compétition avec cinq César pour son film autobiographique tiré de sa pièce de théâtre : "Les garçons et Guillaume, à table !" dont j'avais dit ici, voici quelques semaines, tout le bien que je pensais.
César du meilleur film et du meilleur premier film, du meilleur acteur, du meilleur montage et de la meilleure adaptation. Le film a déjà enregistré plus de 2,5 millions d'entrées et a bénéficié d'une excellente couverture médiatique, Guillaume Gallienne, pensionnaire de la Comédie Française, étant par ailleurs chroniqueur hebdomadaire sur France Inter d'une émission littéraire de très bonne qualité.
Peut-on déduire de ces quelques précisions le quasi flop enregistré par l'autre film en compétition qui, lui, avait raflé déjà une montagne de récompenses prestigieuses, "La vie d'Adèle", Palme d'Or à Cannes, prix Louis Delluc et tant d'autres trophées glanés à l'étranger ? Le film d'A. Kechiche, lui aussi encensé par la critique, n'a pourtant attiré qu'un million de spectateurs en France et n'a remporté qu'un César, celui du meilleur espoir féminin attribué à la jeune Adèle. Quant au troisième film en compétition, traitant lui aussi d'homosexualité, "L'inconnu du lac", l'un de ses héros a reçu le César du meilleur espoir masculin.

Quatre mille représentants de la profession cinématographique participent au vote, ce qui peut laisser penser que les intrigues et les manipulations -qui existent certainement- sont tout de même minimes. Alors ces résultats reflètent-ils un certain état d'esprit de notre société ? Je serais tentée de le croire, notamment concernant notre attitude vis-à-vis de la quête de l'identité sexuelle, question tellement débattue en France depuis des mois !
Guillaume Gallienne a choisi de poser le problème sur le mode de la comédie et traite, si je puis dire, le sujet en creux : son entourage et en premier lieu sa mère le veulent homosexuel, et il s'emploiera, à force d'un courageux parcours du combattant, à se prouver à lui-même et aux autres qu'il ne l'est pas !
Adèle vivra, elle, une expérience extrêmement douloureuse, violente, à la fois destructrice et perverse de la découverte de l'homosexualité à vif, crue, sans modération. Le réalisateur aborde le sujet de plein fouet, avec des scènes, longuement décrites dans les medias, qui en ont découragé plus d'un d'aller voir ce film. Quant à "L'inconnu du lac" -que je n'ai pas vu- il semble qu'il parle de l'homosexualité masculine plus classiquement mais aussi en images très explicites.

Notre société, travaillée par la question du mariage homosexuel, du genre, de l'éducation sexuelle à l'école, n'est-elle pas un peu lasse de tous ces débordements ? N'a-t-elle pas envie d'un peu de pudeur et de retenue sur ces sujets touchant à notre intimité ? A force de déverser sans modération des mots, des idées, des a priori, des clichés, des images, des reportages et que sais-je encore, exposant, décortiquant nos questionnements les plus intimes, n'en est-on pas arrivé à plébisciter un film qui, sans être un chef d'œuvre cinématographique, parle de ce sujet avec pudeur et retenue, avec légèreté et tendresse, respect et courage ?
Alors tant mieux si Guillaume Gallienne, ce garçon si "bien élevé", si "comédien français" dans son élocution même et sa façon très XVIIIème siècle de dire avec une si belle émotion contenue : "Quelle soirée, nom de bleu !" est reparti chez lui croulant sous les César ! Tant mieux pour lui et pour le cinéma français... Les cinq statuettes sculptées par César ont fait de lui l'empereur de la soirée !
Mauvaise note, par contre, pour les cameramen insistant avec impudeur sur le visage de Julie Gayet, assise dans le public, nommée elle aussi pour un César (qu'elle n'a pas eu !) pour son petit rôle dans le film "Quai d'Orsay". Elle était en compétition avec la mère de Carla Bruni, elle aussi nommée pour sa participation dans un film de sa fille, Valérie. People, quand tu nous tiens...
Heureusement, c'est l'admirable Sandrine Kimberlain qui a reçu la statuette de la meilleure actrice pour son interprétation de magistrate coincée dans le film d'Albert Dupontel "Neuf mois ferme".
Et l'inaltérable Roman Polanski s'est vu remettre lui aussi un César, celui du meilleur réalisateur, pour sa "Vénus à la fourrure" qui ne comptabilise, pour l'instant, que 125 000 entrées...
Les voies des César sont impénétrables...

Nanette

mercredi 26 février 2014

Paco de Lucia à Marciac

Paco de Lucia, l'immense et discret maître du flamenco contemporain, s'en est donc allé, bêtement  d'une crise cardiaque au Mexique, à 66 ans.
Entendant l'annonce de cette disparition, ce matin à la radio, m'est tout à coup revenue en mémoire cette incroyable soirée vécue l'été dernier au festival de jazz de Marciac. Paco de Lucia en était la vedette, avec tous ses amis gitans. Ce fut, pour moi du moins, la plus belle fête de tout le festival. La perfection même, l'épure de cet art si ardent, si fougueux, porteur de la passion la plus violente et la plus douce. Entouré de ses amis musiciens, chanteurs et danseur, Paco de Lucia livra le meilleur de lui-même, concentré, vibrant, maître incontesté et pourtant ne s'autorisant pas le moindre racolage. Sous l'immense chapiteau, plus de 5000 spectateurs n'en perdaient pas une note, ni de son jeu à la sa guitare, ni de l'incroyable spectacle donné, offert devrais-je dire, par son jeune danseur véritablement habité par une transe surhumaine.
Oui, cette soirée restera unique dans ma mémoire.
Tout comme le cadeau que mes hôtes très chers me firent à l'issue de ce beau moment : une aquarelle peinte sur le lieu même du concert par une artiste allemande assise face à la scène et signée par Paco de Lucia à l'issue de son spectacle.
Que d'émotion aujourd'hui dans ce tableau !

Nanette

dimanche 23 février 2014

Fière et grave Ukraine

Bonheur encore en ce début de nuit en voyant se dérouler sous nos yeux, minute après minute, la résurrection d'un peuple, civilisé et grave... Oui, ce furent de magnifiques moments que ces longues heures vécues en direct sur la place Maïdan de Kiev qui, quelques jours plus tôt, était le théâtre d'un meurtre collectif voulu par un tyran lâche et corrompu.
Ils étaient 50 000 hier soir, sur cette place, à attendre l'arrivée de Ioulia Timochenko, tout juste libérée de prison après deux ans d'enfermement. Des milliers d'hommes et de femmes graves, silencieux, sachant trop bien que cette victoire s'écrivait avec le sang d'une centaine de leurs camarades tombés sous les balles de la police. L'heure n'était donc pas à l'explosion d'une joie bruyante mais à la reconnaissance intime pour le sacrifice de ces camarades morts pour la liberté. La blonde Ioulia, fragile dans son fauteuil roulant, n'en finissait pas de crier sa joie, sa reconnaissance pour ces héros mais aussi de demander pardon au nom de tous les hommes politiques de son pays pour n'avoir pas su entendre la voix du peuple. Moments forts, inoubliables de dignité et de fierté.

Le peuple ukrainien est en train de démontrer au monde entier sa maturité et son sens de la responsabilité. Il fallait voir, dans l'après-midi, toutes ces familles, enfants dans les poussettes ou juchés sur les épaules paternelles, parcourir les hectares de la propriété privée du président déchu, Ianoukovitch, admirer éberlués les ridicules constructions néo-classiques s'étalant dans les jardins, découvrir en collant leurs regards aux fenêtres de la maison le luxe des aménagements intérieurs. Comme s'il s'agissait d'une banale promenade dominicale dans un jardin public... Le peuple ukrainien prenait la mesure de l'immense duperie dont il est victime depuis des décennies. Mais chez lui, nulle hystérie, aucune réaction de violence ou de vengeance. Enfui, déjà englouti dans les oubliettes de l'Histoire, Ianoukovitch ne méritait pas un peuple de cette trempe.
Depuis trois mois, 24 heures sur 24, les Ukrainiens ont occupé pacifiquement la place Maïdan. Des grands mères, sac à main dans la main gauche, pavé dans la main droite, ont participé à l'œuvre collective de libération. La population s'est organisée pour tenir, malgré tout ; les blessés soignés tant bien que mal dans le hall des grands hôtels, les morts recouverts de couvertures, les femmes apportant de la nourriture, les combattants se protégeant derrière des boucliers de fortune, sans arme autre que des bâtons et des couteaux ; des prêtres orthodoxes venant prier avec eux sur la place.
Quelle différence avec les scènes de barbarie auxquelles nous avons assisté avec les exécutions sommaires de Saddam Hussein et de Mohamed Khadafi ; la pendaison en direct de Hussein, le lynchage puis l'exécution de Khadafi !
En Ukraine, tout reste à faire. Il s'agit maintenant de diplomatie, de jeux savants entre Poutine, Obama, l'Europe. Le peuple, lui, ne se laissera pas voler sa victoire, soyons-en sûrs...

Nanette

jeudi 20 février 2014

Geneviève et Germaine au Panthéon

Voilà une belle et bonne décision de la part de notre Président : Geneviève Anthonioz-De Gaulle, et Germaine Tillon vont rejoindre les "Grands Hommes" du Panthéon. Pour respecter la parité, François Hollande a choisi de leur adjoindre deux hommes au destin dramatique : Pierre Brossolette, grand résistant qui, arrêté en 1944, préféra se défenestrer plutôt que de risquer de parler sous la torture et Jean Zay, homme politique assassiné en juin 1944.
C'est toute la Résistance qui, derrière Jean Moulin, entre ainsi au Panthéon.
Geneviève Anthonioz-De Gaulle, nièce du général De Gaulle, fut déportée et internée à Ravensbrück pour faits de Résistance ; plus tard elle consacra sa vie à la défense des plus pauvres. Présidente de l'association ATD-Quart Monde, elle mit toutes ses forces et son humanité dans ces universités populaires, chères au Père Joseph Wrezinski, le fondateur d'ATD-Quart Monde, où les plus délaissés du lumpen prolétariat apprennent à retrouver une identité et un visage humain. Sur son expérience à Ravensbrück, Geneviève Anthonioz-De Gaulle a écrit un petit livre tout en profonde pudeur, "La traversée de la nuit". Seule femme à avoir été élevée au grade de Grand Croix de la Légion d'Honneur, elle est décédée à 82 ans.
Germaine Tillon, morte à près de 101 ans en 2008, fait partie de cette race de femmes que rien n'arrête. Ethnologue spécialiste de l'Afrique, politiquement engagée à gauche, elle participa très activement à la Résistance, ce qui lui valut d'être également déportée à Ravensbrück. Toute sa vie, elle défendit la libération des peuples, fustigea la colonisation et se battit pour l'émancipation féminine. Magnifique figure de femme contemporaine.
Au Panthéon, où les attendent soixante-et-onze gloires nationales, elles retrouveront les deux autres femmes déjà "panthéonisées" : Marie Curie, l'illustrissime physicienne deux fois Prix Nobel, de physique avec son mari Pierre en 1903, et de chimie, seule, en 1911 ; et Sophie Berthelot, l'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

Pourquoi avoir transféré Sophie Berthelot au Panthéon avec son mari en 1907 ? Peut-être pour la simple raison qu'elle était morte quinze minutes avant lui... Une belle preuve d'amour.
Marie Curie, elle à qui l'humanité doit tant et qui mourut des conséquences de ses travaux sur la radioactivité, dut attendre 1995 pour gravir la montagne Sainte-Geneviève et être enterrée au Panthéon...

Nanette