mercredi 7 décembre 2016

Merkel et Hollande à Alep ? Chiche !

Poursuivons notre rêve...
Tant qu'à bousculer toutes les idées reçues, celle qui prétend que François Hollande, ce "capitaine de pédalo" comme le désignait avec mépris Jean-Luc Mélenchon dès le début de son mandat, est incapable de s'imposer face au "boucher de Damas", Bachar El Hassad, celle qui murmure que le couple franco-allemand est déliquescent et qu'Angela Merkel, affaiblie par sa défense des migrants, "joue perso" en quête d'un quatrième mandat de chancelière, osons un événement quasi utopique : voir Angela Merkel rejoindre demain sur le porte-avion Charles de Gaulle le Président de la République française et de là les voir tous les deux s'envoler en hélicoptère vers Alep, ville-martyre livrée aux bombes russes, iraniennes et syriennes alors que tentent de fuir les quelques centaines de milliers d'habitants encore présents. L'un et l'autre iraient porter l'honneur de l'Europe au cœur d'un désastre sans fin et donneraient au monde mieux qu'une belle image médiatique.
Cette démarche de liberté retrouvée face aux géants américain, russe et chinois replacerait l'Europe toute entière, emmenée par ses deux principaux leaders, dans une dynamique de paix véritable et donnerait un nouvel élan à l'espoir que l'on sent sourdre parmi les peuples qui s'expriment dans les urnes européennes.
Alors Mme la Chancelière, M. le Président, chiche ! Allez porter un message de paix fort et sans compromission à Alep ! Vous en reviendrez grandis.

Nanette

mardi 6 décembre 2016

Bernard Cazeneuve : bravo !

Enfin une bonne nouvelle dans cet épisode "jeu de quilles" planétaire qui nous bouleverse depuis quelques semaines !
Le président Hollande vient de nommer Bernard Cazeneuve Premier Ministre en remplacement de Manuel Valls, démissionnaire.
Voilà un homme sur lequel il va être difficile de faire du "Cazeneuve bashing" ! Enfin, espérons-le...
Bernard Cazeneuve, c'est avant tout le ministre de l'Intérieur qui a du affronter les attentats, d'abord celui de Charlie Hebdo en janvier 2015 puis le Bataclan et les terrasses de café le 13 novembre 2015 et encore celui de la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet dernier. Des événements terrifiants qui ont profondément déstabilisé toute la société française.
Dans ces heures plus que dramatiques, jamais Bernard Cazeneuve ne s'est départi de sa maîtrise parfaite et de son sens de l'Etat, jamais il n'a failli devant la presse du monde entier, des familles endeuillées, des forces de police et de l'armée. Jamais la moindre fausse note dans ses prises de décisions, dans sa hauteur de vue et ses analyses à chaud.
En le nommant Premier Ministre pour ces cinq derniers mois du quinquennat, François Hollande ne pouvait pas mieux indiquer à la France qu'il restait maître de la situation dans cette période troublée.
Après les tremblements de terre successifs que furent l'élection de Donald Trump, le Brexit, les retraits de Nicolas Sarkozy, d'Alain Juppé, de François Hollande, de Renzi, il nous arrive trois bonnes nouvelles : l'élection à la présidence autrichienne d'un écolo septuagénaire, la réélection plus que probable d'Angela Merkel comme chancelière d'Allemagne et la nomination de Bernard Cazeneuve comme Premier Ministre de la France.
Allons, l'espoir est au bout du tunnel !

Nanette

dimanche 4 décembre 2016

IVG : M. le Président Hollande, renoncez !

Maintenant que François Hollande a repris sa liberté en renonçant à se présenter pour un second mandat à la présidence de la République, rêvons un peu.

 Il pourrait faire preuve de fermeté politique en imposant son autorité dans une affaire pourtant très claire : le projet de loi de "délit d'entrave numérique" que le gouvernement tente de faire passer à toute vitesse par le Parlement contre des portails alternatifs d'information sur l'IVG.
Sans doute la victoire surprise de François Fillon à la primaire de droite a-t-elle donné des ailes aux adversaires de l'avortement qui en ont profité pour mettre le turbo sur ces sites alertant, sans remettre en cause le droit à l'IVG, des dangers liés à l'avortement et à ses conséquences traumatiques ainsi qu'aux décisions précipitées prises par de jeunes femmes sous diverses pressions. L'un de ces sites intitulé "SOS-IVG" -SOS signifiant "Save Our Souls", "sauvez nos âmes", le message lancé en morse par les naufragés du Titanic- annonce clairement la couleur, ce qui ne saurait s'amalgamer aux sites terrifiants de DAECH et autres portails djihadistes appelant au meurtre et à la décapitation, concernés eux par cette loi !
Pour justifier son texte, le gouvernement prétend que ces portails informatiques sont "coupables de diffuser de fausses informations". On croit rêver ! Comment peut-on, en toute bonne foi, faire un amalgame entre un appel au meurtre et un appel à la vie, prétendre que l'un et l'autre sont du même ordre et doivent être condamnés par la justice ?
Une telle légèreté me laisse sans voix !

A moins que... ce nouveau coup de canif dans les lois de la liberté d'expression ne soit dûment orchestré !
On devrait se battre bec et ongles lorsqu'il s'agit de défendre la publication de caricatures de Mahomet -ce qui est mon cas- ou celle des "unes" iconoclastes de Charlie Hebdo -ce qui est toujours mon cas- mais on devrait interdire des sites internet  défendant la vie d'êtres humains en devenir ?
Je vois là une manipulation idéologique tout à fait insupportable.
Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des Evêques de France, pourtant bien modéré, vient d'écrire au Président de la République, toute polémique politicienne mise à part, lui demandant "de ne pas laisser une telle mesure arriver à son terme".
Y aurait-il en France une liberté d'expression à plusieurs vitesses selon ses convictions philosophiques et morales ?
Comme la liberté, cette valeur fondamentale de notre République est une et indivisible.

Monsieur le Président de la République, la balle est dans votre camp.
Soyez beau joueur, renoncez à ce texte mortifère pour la démocratie !

Nanette

vendredi 2 décembre 2016

François Hollande, Benoît XVI : un même renoncement

Je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement, peut-être incongru : le renoncement du Président de la République François Hollande à se présenter à nouveau à l'élection présidentielle et celui du pape Benoît XVI -on parla alors de renonciation- au trône de saint Pierre sur lequel il était assis.
Deux événements jamais vus jusqu'à lors dans l'Histoire !
Pourquoi un tel rapprochement ?
Dans les deux cas, il me semble qu'il y ait eu une "erreur de casting" dès le départ.

Grand intellectuel, le cardinal Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, a démontré au cours de son pontificat qu'il n'était pas taillé pour affronter notre monde nouveau et ses bouleversements sociétaux, sa complexité planétaire, ses guerres et ses traumatismes. Il s'est laissé piégé, à Ratisbonne dès les premiers mois, par les caméras du monde entier à l'affût de ses déclarations devant un auditoire universitaire. Le nouveau pape ne savait pas, pas encore, que les medias ne laissent plus de place à l'aparté, à l'explication profonde mais s'accrochent à la moindre petite phrase qui peut "faire le buzz"...  Peu à peu, cet homme de culture, ce passionné de musique, cet immense théologien, écrasé par la masse des problèmes en tout genre, a compris et ressenti le besoin de laisser la place à un autre. Il s'est retiré sur la pointe de ses mules papales, en douceur comme toujours. Et le pape François, infiniment plus aguerri que lui à la vie du monde, a été élu !

Pour François Hollande, je serais tentée de dire que l'erreur de casting est un peu différente. Très proche de tout ce que la France compte de journalistes politiques, bienveillant et plein d'humour, sans doute bon père de famille, il a magnifiquement manœuvré pour être élu Président de la République. Mais la suite de l'histoire a rapidement démontré, et la publication du livre des deux journalistes du Monde, "Ce qu'un Président ne devrait pas dire..." l'illustre merveilleusement, qu'il avait atteint son "principe de Peter", son seuil d'incompétence. La publication de ce livre prouve à elle seule, et je l'ai ressenti dès l'origine, que François Hollande n'avait jamais endossé le costume de Président de la République. Une fonction trop monstrueuse pour lui, exigeant une force de caractère, un appétit de pouvoir digne de Gargantua, un sens de l'abnégation pour tout ce qui ne touche pas à la fonction, autant de traits de caractère qui lui font défaut.
En renonçant hier soir à tenter de réendosser ce costume trop grand pour lui, François Hollande, comme Benoît XVI, a fait preuve de lucidité mais surtout d'humilité et de dignité.
S'il doit rester un temps fort dans l'histoire du quinquennat de François Hollande, décidément trop "normal", ce devrait être ces dix minutes d'intense vérité qui nous ont livré l'image d'un homme à bout de tout, épuisé, vaincu, tel le cerf aux abois faisant face à la meute livrant son dernier combat avant l'hallali.
Le "Hollande-bashing" a eu raison d'un "humain-trop-humain" qui s'était rêvé roi...

Nanette

jeudi 9 juin 2016

SNCF - Les papillons blancs

Grève... Grève... Grève... Notre train "intercités" s'étire le long du quai tel un cortège de chenilles processionnaires... On a ajouté des wagons aux wagons pour permettre à un maximum de passagers de profiter de cet unique train  ralliant Marseille à Bordeaux en ce jour de pénurie.
Me voilà donc confortablement installée dans un siège, en ce lundi matin, gare St-Charles. Je n'ai même pas essayeé de changer mon billet. D'ailleurs dans ces cas-là on ne voit jamais de contrôleur pendant le voyage. Nous partons à l'heure. L'ambiance est calme, détendue. On se parle, on papote avec son voisin. Le temps est superbe alors qu'à Paris et dans tout le nord du pays, c'est la catastrophe ; les inondations, les voitures parties au fil de l'eau, les maisons sous les eaux... Les plus modestes ruinés.
Ne nous plaignons pas. Savourons notre chance d'habiter dans cette partie de la France !
Arles... Nîmes devrait bientôt approcher.
Voilà que le train ralentit, s'arrête en rase campagne. Nous sommes entourés de champs, de bocages, d'herbes hautes. Les minutes passent... Personne ne s'impatiente. Un couple espagnol tente de s'informer ; ils vont à Barcelone et risquent de rater leur correspondance. Une dame leur traduit la situation, tout sereinement. Ah bon ! Ils s'y feront !
Au micro, le conducteur du train nous informe : des manifestants occupent la voie et empêchent notre train de poursuivre sa route. Nous voilà bien !
Le nez collé à la fenêtre, j'admire : des centaines de papillons blancs volètent dans les champs, dansent dans le soleil, caracolent à travers les bosquets. Fraîcheur de la vie éphémère. Ils vont et viennent des deux côtés du train, sans autre souci que de vivre.
La CGT ? Sud-Rail ? La loi travail ? Les pneus en flammes ? Le stations-services asséchées ? Les centrales nucléaires et les raffineries bloquées ? Les tonnes d'ordures sur les trottoirs ? Les avions cloués au sol? Le Louvre et le musée d'Orsay fermés ?
De quoi tu me parles ?
Apprécie la beauté du monde !

Nouvelle info : la police a fait évacuer les manifestants. On va repartir ! Encore une bonne demi-heure et le train s'ébranle en effet. A l'intérieur de mon wagon, personne ne s'est impatienté.
Pendant une heure, j'ai vécu avec eux, ces papillons blancs nés des chenilles processionnaires urticantes détestées de tous... C'était bien, c'était beau, c'était chouette !
Le soir sur mon ordinateur, un mail de la SNCF : elle rembourse tous les billets, y compris ceux non remboursables et non échangeables.
Non mais : faut pas pousser Mémé dans les papillons blancs quand même !
Une heure magique passée au milieu de centaines de papillons blancs, çà vaut bien un billet tout de même !

Nanette

jeudi 19 novembre 2015

ATTENTATS - Houellebecq a perdu

Michel Houellebecq a perdu. Son dernier livre, "Soumission", nous avait glacé le sang. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, disais-je à mes amis tant il m'avait laissé une profonde impression de descente aux enfers. Une sorte d'anéantissement préludant à l'effondrement total et définitif de la France dont les institutions, et en priorité la Sorbonne, étaient tombées aux mains des islamistes... Un mauvais rêve, disait la 4è de couverture, une fable, disaient les fans de l'écrivain faisant les gorges chaudes dans les salons germanopratins, toujours prompts à se gausser des esprits simples... Le peuple français entrait dans un nouveau modèle de société sans même s'en rendre compte, sans le moindre soubresaut ni la plus légère résistance. En toute inconsistance.
Ce livre, mis en vente en librairie le 7 janvier dernier, le jour de la tuerie à Charlie Hebdo, partit comme des petits pains : plus de 600 000 exemplaires vendus en France, 200 000 en Italie, autant en Allemagne etc.
Et puis il y eut 1e 11 janvier et ses 4 millions de Français dans les rues pour dire "Même pas peur" et "Nous sommes Charlie".

Et puis il y a eu le vendredi 13 novembre... Et ses 129 morts. Et ses 352 blessés. Paris K.O. debout. La France sidérée, pétrifiée, statufiée... Attaquée dans ses fondations les plus spécifiques.
Est-ce que tout allait recommencer ? Les "Même pas peur" criés en tremblant ? Est-ce que Houellebecq aurait gagné ? Serions-nous planqués sous nos couettes, derrière nos volets, annulant nos voyages en train, en avion, n'osant plus prendre le bus ou le métro ? Ne sachant comment parler de tout ce carnage à nos enfants muets d'angoisse ? N'osant plus nous arrêter pour boire un verre à une terrasse, prendre un billet de cinéma ou de théâtre ? Allions-nous, nous aussi, mourir de peur ? "J'ai peur de la peur" disait l'autre matin Jacques Higelin sur France Inter, quelques jours avant ce funeste 13 novembre. Nous y étions.
Et bien non : le scénario ne s'est pas reproduit. Cette fois, c'est toute la France qui a réagi, toutes classes sociales confondues, toutes générations mais surtout, ô enfin ! les plus jeunes. Merveilleux lycéens entonnant spontanément la Marseillaise dans la cour de la Sorbonne -celle-là que Houellebecq avait rebaptisé Université Islamique de la Sorbonne- tandis que François Hollande quittait les lieux après la minute de silence. Merveilleux amis du monde entier illuminant les monuments les plus symboliques de tous les pays des trois couleurs de notre drapeau en hommage à notre culture, à notre histoire, à notre art de vivre... Merveilleux 17 millions de Français qui communient avec les spectateurs du stade de Wembley, à Londres, Anglais et Français chantant ensemble la Marseillaise en préambule à un match de foot. Merveilleux élus de la nation réunis en congrès au château de Versailles pour entendre un discours d'homme d'Etat de François Hollande qui, eux aussi, chantent l'hymne national à pleins poumons ! D'ailleurs, ils n'en finissent plus, nos élus de tous bords, de chanter la Marseillaise : au rassemblement des maires de France, à l'Assemblée Nationale cet après-midi encore. Ils votent des lois à la quasi unanimité : 551 contre 6 aujourd'hui pour étendre l'état d'urgence à 3 mois.

Ce qui me réjouit le cœur, au milieu de tant de désastres et de souffrances, c'est que j'ai le sentiment que tous ces gens ne sont pas morts pour rien. Nous les "vieux", nous avons connu les guerres, les attentats de l'OAS à Paris et tant d'autres. Nous savons que la vie est toujours plus forte que la mort mais que le prix à payer est terrible. Nous connaissons le prix de la liberté et du bonheur de vivre. Nos jeunes le découvrent aujourd'hui et voilà qu'ils nous émerveillent par leur courage, leur esprit de résistance et leur volonté farouche de ne pas céder à la tentation de l'effondrement, chère à Houellebecq...

Nanette

mardi 13 octobre 2015

"J'ai peur de la peur"

Juste une petite réflexion qui me trotte dans la tête depuis hier matin, après avoir entendu le merveilleux entretien, sur France Inter, entre Jacques Higelin et Augustin Trapenard.
- Quelle est votre peur ?" interroge le journaliste.
- J'ai peur de la peur" répond l'artiste, chanteur, compositeur, danseur etc.

Tout est dit dans ces quelques mots.
Pas besoin d'en rajouter. Il suffit d'y repenser, encore et encore...
De quoi, de qui n'ai-je PAS peur ?
Pourquoi ai-je peur ?
D'où me viennent ces peurs ?
Comment me défaire de mes peurs ?
A quoi m'entraînent mes peurs ?

etc, etc...

J'ai le même âge que Jacques Higelin. Je me souviens l'avoir entendu, au tout début des années 60, chanter à "La Vieille Grille", à Paris, avec Brigitte Fontaine. Déjà, ces deux-là ne s'en laissaient pas conter par la bien pensance et le politiquement correct. La liberté leur servait d'oriflamme. 65 ans plus tard, chacun à sa manière, ils poursuivent leur route, flamboyante, spirituelle, riche et fécondante pour les jeunes générations (les deux enfants de Jacques Higelin l'ont suivi sur son chemin artistique).
Alors quand ce grand bonhomme qui dit aimer par-dessus tout "la grâce" et qu'il termine l'entretien matinal en chantant a capella l'une des plus poétiques chansons de Charles Trenet, son chanteur préféré, alors il faut l'entendre quand il dit : "J'ai peur de la peur".
Et s'interroger. Notre époque le commande.

Nanette