L'Académie du cinéma a remis hier soir ses récompenses à l'ensemble de la profession pour l'année 2013. Guillaume Gallienne est sorti grand vainqueur de la compétition avec cinq César pour son film autobiographique tiré de sa pièce de théâtre : "Les garçons et Guillaume, à table !" dont j'avais dit ici, voici quelques semaines, tout le bien que je pensais.
César du meilleur film et du meilleur premier film, du meilleur acteur, du meilleur montage et de la meilleure adaptation. Le film a déjà enregistré plus de 2,5 millions d'entrées et a bénéficié d'une excellente couverture médiatique, Guillaume Gallienne, pensionnaire de la Comédie Française, étant par ailleurs chroniqueur hebdomadaire sur France Inter d'une émission littéraire de très bonne qualité.
Peut-on déduire de ces quelques précisions le quasi flop enregistré par l'autre film en compétition qui, lui, avait raflé déjà une montagne de récompenses prestigieuses, "La vie d'Adèle", Palme d'Or à Cannes, prix Louis Delluc et tant d'autres trophées glanés à l'étranger ? Le film d'A. Kechiche, lui aussi encensé par la critique, n'a pourtant attiré qu'un million de spectateurs en France et n'a remporté qu'un César, celui du meilleur espoir féminin attribué à la jeune Adèle. Quant au troisième film en compétition, traitant lui aussi d'homosexualité, "L'inconnu du lac", l'un de ses héros a reçu le César du meilleur espoir masculin.
Quatre mille représentants de la profession cinématographique participent au vote, ce qui peut laisser penser que les intrigues et les manipulations -qui existent certainement- sont tout de même minimes. Alors ces résultats reflètent-ils un certain état d'esprit de notre société ? Je serais tentée de le croire, notamment concernant notre attitude vis-à-vis de la quête de l'identité sexuelle, question tellement débattue en France depuis des mois !
Guillaume Gallienne a choisi de poser le problème sur le mode de la comédie et traite, si je puis dire, le sujet en creux : son entourage et en premier lieu sa mère le veulent homosexuel, et il s'emploiera, à force d'un courageux parcours du combattant, à se prouver à lui-même et aux autres qu'il ne l'est pas !
Adèle vivra, elle, une expérience extrêmement douloureuse, violente, à la fois destructrice et perverse de la découverte de l'homosexualité à vif, crue, sans modération. Le réalisateur aborde le sujet de plein fouet, avec des scènes, longuement décrites dans les medias, qui en ont découragé plus d'un d'aller voir ce film. Quant à "L'inconnu du lac" -que je n'ai pas vu- il semble qu'il parle de l'homosexualité masculine plus classiquement mais aussi en images très explicites.
Notre société, travaillée par la question du mariage homosexuel, du genre, de l'éducation sexuelle à l'école, n'est-elle pas un peu lasse de tous ces débordements ? N'a-t-elle pas envie d'un peu de pudeur et de retenue sur ces sujets touchant à notre intimité ? A force de déverser sans modération des mots, des idées, des a priori, des clichés, des images, des reportages et que sais-je encore, exposant, décortiquant nos questionnements les plus intimes, n'en est-on pas arrivé à plébisciter un film qui, sans être un chef d'œuvre cinématographique, parle de ce sujet avec pudeur et retenue, avec légèreté et tendresse, respect et courage ?
Alors tant mieux si Guillaume Gallienne, ce garçon si "bien élevé", si "comédien français" dans son élocution même et sa façon très XVIIIème siècle de dire avec une si belle émotion contenue : "Quelle soirée, nom de bleu !" est reparti chez lui croulant sous les César ! Tant mieux pour lui et pour le cinéma français... Les cinq statuettes sculptées par César ont fait de lui l'empereur de la soirée !
Mauvaise note, par contre, pour les cameramen insistant avec impudeur sur le visage de Julie Gayet, assise dans le public, nommée elle aussi pour un César (qu'elle n'a pas eu !) pour son petit rôle dans le film "Quai d'Orsay". Elle était en compétition avec la mère de Carla Bruni, elle aussi nommée pour sa participation dans un film de sa fille, Valérie. People, quand tu nous tiens...
Heureusement, c'est l'admirable Sandrine Kimberlain qui a reçu la statuette de la meilleure actrice pour son interprétation de magistrate coincée dans le film d'Albert Dupontel "Neuf mois ferme".
Et l'inaltérable Roman Polanski s'est vu remettre lui aussi un César, celui du meilleur réalisateur, pour sa "Vénus à la fourrure" qui ne comptabilise, pour l'instant, que 125 000 entrées...
Les voies des César sont impénétrables...
Nanette
samedi 1 mars 2014
mercredi 26 février 2014
Paco de Lucia à Marciac
Paco de Lucia, l'immense et discret maître du flamenco contemporain, s'en est donc allé, bêtement d'une crise cardiaque au Mexique, à 66 ans.
Entendant l'annonce de cette disparition, ce matin à la radio, m'est tout à coup revenue en mémoire cette incroyable soirée vécue l'été dernier au festival de jazz de Marciac. Paco de Lucia en était la vedette, avec tous ses amis gitans. Ce fut, pour moi du moins, la plus belle fête de tout le festival. La perfection même, l'épure de cet art si ardent, si fougueux, porteur de la passion la plus violente et la plus douce. Entouré de ses amis musiciens, chanteurs et danseur, Paco de Lucia livra le meilleur de lui-même, concentré, vibrant, maître incontesté et pourtant ne s'autorisant pas le moindre racolage. Sous l'immense chapiteau, plus de 5000 spectateurs n'en perdaient pas une note, ni de son jeu à la sa guitare, ni de l'incroyable spectacle donné, offert devrais-je dire, par son jeune danseur véritablement habité par une transe surhumaine.
Oui, cette soirée restera unique dans ma mémoire.
Tout comme le cadeau que mes hôtes très chers me firent à l'issue de ce beau moment : une aquarelle peinte sur le lieu même du concert par une artiste allemande assise face à la scène et signée par Paco de Lucia à l'issue de son spectacle.
Que d'émotion aujourd'hui dans ce tableau !
Nanette
Entendant l'annonce de cette disparition, ce matin à la radio, m'est tout à coup revenue en mémoire cette incroyable soirée vécue l'été dernier au festival de jazz de Marciac. Paco de Lucia en était la vedette, avec tous ses amis gitans. Ce fut, pour moi du moins, la plus belle fête de tout le festival. La perfection même, l'épure de cet art si ardent, si fougueux, porteur de la passion la plus violente et la plus douce. Entouré de ses amis musiciens, chanteurs et danseur, Paco de Lucia livra le meilleur de lui-même, concentré, vibrant, maître incontesté et pourtant ne s'autorisant pas le moindre racolage. Sous l'immense chapiteau, plus de 5000 spectateurs n'en perdaient pas une note, ni de son jeu à la sa guitare, ni de l'incroyable spectacle donné, offert devrais-je dire, par son jeune danseur véritablement habité par une transe surhumaine.
Oui, cette soirée restera unique dans ma mémoire.
Tout comme le cadeau que mes hôtes très chers me firent à l'issue de ce beau moment : une aquarelle peinte sur le lieu même du concert par une artiste allemande assise face à la scène et signée par Paco de Lucia à l'issue de son spectacle.
Que d'émotion aujourd'hui dans ce tableau !
Nanette
dimanche 23 février 2014
Fière et grave Ukraine
Bonheur encore en ce début de nuit en voyant se dérouler sous nos yeux, minute après minute, la résurrection d'un peuple, civilisé et grave... Oui, ce furent de magnifiques moments que ces longues heures vécues en direct sur la place Maïdan de Kiev qui, quelques jours plus tôt, était le théâtre d'un meurtre collectif voulu par un tyran lâche et corrompu.
Ils étaient 50 000 hier soir, sur cette place, à attendre l'arrivée de Ioulia Timochenko, tout juste libérée de prison après deux ans d'enfermement. Des milliers d'hommes et de femmes graves, silencieux, sachant trop bien que cette victoire s'écrivait avec le sang d'une centaine de leurs camarades tombés sous les balles de la police. L'heure n'était donc pas à l'explosion d'une joie bruyante mais à la reconnaissance intime pour le sacrifice de ces camarades morts pour la liberté. La blonde Ioulia, fragile dans son fauteuil roulant, n'en finissait pas de crier sa joie, sa reconnaissance pour ces héros mais aussi de demander pardon au nom de tous les hommes politiques de son pays pour n'avoir pas su entendre la voix du peuple. Moments forts, inoubliables de dignité et de fierté.
Le peuple ukrainien est en train de démontrer au monde entier sa maturité et son sens de la responsabilité. Il fallait voir, dans l'après-midi, toutes ces familles, enfants dans les poussettes ou juchés sur les épaules paternelles, parcourir les hectares de la propriété privée du président déchu, Ianoukovitch, admirer éberlués les ridicules constructions néo-classiques s'étalant dans les jardins, découvrir en collant leurs regards aux fenêtres de la maison le luxe des aménagements intérieurs. Comme s'il s'agissait d'une banale promenade dominicale dans un jardin public... Le peuple ukrainien prenait la mesure de l'immense duperie dont il est victime depuis des décennies. Mais chez lui, nulle hystérie, aucune réaction de violence ou de vengeance. Enfui, déjà englouti dans les oubliettes de l'Histoire, Ianoukovitch ne méritait pas un peuple de cette trempe.
Depuis trois mois, 24 heures sur 24, les Ukrainiens ont occupé pacifiquement la place Maïdan. Des grands mères, sac à main dans la main gauche, pavé dans la main droite, ont participé à l'œuvre collective de libération. La population s'est organisée pour tenir, malgré tout ; les blessés soignés tant bien que mal dans le hall des grands hôtels, les morts recouverts de couvertures, les femmes apportant de la nourriture, les combattants se protégeant derrière des boucliers de fortune, sans arme autre que des bâtons et des couteaux ; des prêtres orthodoxes venant prier avec eux sur la place.
Quelle différence avec les scènes de barbarie auxquelles nous avons assisté avec les exécutions sommaires de Saddam Hussein et de Mohamed Khadafi ; la pendaison en direct de Hussein, le lynchage puis l'exécution de Khadafi !
En Ukraine, tout reste à faire. Il s'agit maintenant de diplomatie, de jeux savants entre Poutine, Obama, l'Europe. Le peuple, lui, ne se laissera pas voler sa victoire, soyons-en sûrs...
Nanette
Ils étaient 50 000 hier soir, sur cette place, à attendre l'arrivée de Ioulia Timochenko, tout juste libérée de prison après deux ans d'enfermement. Des milliers d'hommes et de femmes graves, silencieux, sachant trop bien que cette victoire s'écrivait avec le sang d'une centaine de leurs camarades tombés sous les balles de la police. L'heure n'était donc pas à l'explosion d'une joie bruyante mais à la reconnaissance intime pour le sacrifice de ces camarades morts pour la liberté. La blonde Ioulia, fragile dans son fauteuil roulant, n'en finissait pas de crier sa joie, sa reconnaissance pour ces héros mais aussi de demander pardon au nom de tous les hommes politiques de son pays pour n'avoir pas su entendre la voix du peuple. Moments forts, inoubliables de dignité et de fierté.
Le peuple ukrainien est en train de démontrer au monde entier sa maturité et son sens de la responsabilité. Il fallait voir, dans l'après-midi, toutes ces familles, enfants dans les poussettes ou juchés sur les épaules paternelles, parcourir les hectares de la propriété privée du président déchu, Ianoukovitch, admirer éberlués les ridicules constructions néo-classiques s'étalant dans les jardins, découvrir en collant leurs regards aux fenêtres de la maison le luxe des aménagements intérieurs. Comme s'il s'agissait d'une banale promenade dominicale dans un jardin public... Le peuple ukrainien prenait la mesure de l'immense duperie dont il est victime depuis des décennies. Mais chez lui, nulle hystérie, aucune réaction de violence ou de vengeance. Enfui, déjà englouti dans les oubliettes de l'Histoire, Ianoukovitch ne méritait pas un peuple de cette trempe.
Depuis trois mois, 24 heures sur 24, les Ukrainiens ont occupé pacifiquement la place Maïdan. Des grands mères, sac à main dans la main gauche, pavé dans la main droite, ont participé à l'œuvre collective de libération. La population s'est organisée pour tenir, malgré tout ; les blessés soignés tant bien que mal dans le hall des grands hôtels, les morts recouverts de couvertures, les femmes apportant de la nourriture, les combattants se protégeant derrière des boucliers de fortune, sans arme autre que des bâtons et des couteaux ; des prêtres orthodoxes venant prier avec eux sur la place.
Quelle différence avec les scènes de barbarie auxquelles nous avons assisté avec les exécutions sommaires de Saddam Hussein et de Mohamed Khadafi ; la pendaison en direct de Hussein, le lynchage puis l'exécution de Khadafi !
En Ukraine, tout reste à faire. Il s'agit maintenant de diplomatie, de jeux savants entre Poutine, Obama, l'Europe. Le peuple, lui, ne se laissera pas voler sa victoire, soyons-en sûrs...
Nanette
jeudi 20 février 2014
Geneviève et Germaine au Panthéon
Voilà une belle et bonne décision de la part de notre Président : Geneviève Anthonioz-De Gaulle, et Germaine Tillon vont rejoindre les "Grands Hommes" du Panthéon. Pour respecter la parité, François Hollande a choisi de leur adjoindre deux hommes au destin dramatique : Pierre Brossolette, grand résistant qui, arrêté en 1944, préféra se défenestrer plutôt que de risquer de parler sous la torture et Jean Zay, homme politique assassiné en juin 1944.
C'est toute la Résistance qui, derrière Jean Moulin, entre ainsi au Panthéon.
Geneviève Anthonioz-De Gaulle, nièce du général De Gaulle, fut déportée et internée à Ravensbrück pour faits de Résistance ; plus tard elle consacra sa vie à la défense des plus pauvres. Présidente de l'association ATD-Quart Monde, elle mit toutes ses forces et son humanité dans ces universités populaires, chères au Père Joseph Wrezinski, le fondateur d'ATD-Quart Monde, où les plus délaissés du lumpen prolétariat apprennent à retrouver une identité et un visage humain. Sur son expérience à Ravensbrück, Geneviève Anthonioz-De Gaulle a écrit un petit livre tout en profonde pudeur, "La traversée de la nuit". Seule femme à avoir été élevée au grade de Grand Croix de la Légion d'Honneur, elle est décédée à 82 ans.
Germaine Tillon, morte à près de 101 ans en 2008, fait partie de cette race de femmes que rien n'arrête. Ethnologue spécialiste de l'Afrique, politiquement engagée à gauche, elle participa très activement à la Résistance, ce qui lui valut d'être également déportée à Ravensbrück. Toute sa vie, elle défendit la libération des peuples, fustigea la colonisation et se battit pour l'émancipation féminine. Magnifique figure de femme contemporaine.
Au Panthéon, où les attendent soixante-et-onze gloires nationales, elles retrouveront les deux autres femmes déjà "panthéonisées" : Marie Curie, l'illustrissime physicienne deux fois Prix Nobel, de physique avec son mari Pierre en 1903, et de chimie, seule, en 1911 ; et Sophie Berthelot, l'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.
Pourquoi avoir transféré Sophie Berthelot au Panthéon avec son mari en 1907 ? Peut-être pour la simple raison qu'elle était morte quinze minutes avant lui... Une belle preuve d'amour.
Marie Curie, elle à qui l'humanité doit tant et qui mourut des conséquences de ses travaux sur la radioactivité, dut attendre 1995 pour gravir la montagne Sainte-Geneviève et être enterrée au Panthéon...
Nanette
C'est toute la Résistance qui, derrière Jean Moulin, entre ainsi au Panthéon.
Geneviève Anthonioz-De Gaulle, nièce du général De Gaulle, fut déportée et internée à Ravensbrück pour faits de Résistance ; plus tard elle consacra sa vie à la défense des plus pauvres. Présidente de l'association ATD-Quart Monde, elle mit toutes ses forces et son humanité dans ces universités populaires, chères au Père Joseph Wrezinski, le fondateur d'ATD-Quart Monde, où les plus délaissés du lumpen prolétariat apprennent à retrouver une identité et un visage humain. Sur son expérience à Ravensbrück, Geneviève Anthonioz-De Gaulle a écrit un petit livre tout en profonde pudeur, "La traversée de la nuit". Seule femme à avoir été élevée au grade de Grand Croix de la Légion d'Honneur, elle est décédée à 82 ans.
Germaine Tillon, morte à près de 101 ans en 2008, fait partie de cette race de femmes que rien n'arrête. Ethnologue spécialiste de l'Afrique, politiquement engagée à gauche, elle participa très activement à la Résistance, ce qui lui valut d'être également déportée à Ravensbrück. Toute sa vie, elle défendit la libération des peuples, fustigea la colonisation et se battit pour l'émancipation féminine. Magnifique figure de femme contemporaine.
Au Panthéon, où les attendent soixante-et-onze gloires nationales, elles retrouveront les deux autres femmes déjà "panthéonisées" : Marie Curie, l'illustrissime physicienne deux fois Prix Nobel, de physique avec son mari Pierre en 1903, et de chimie, seule, en 1911 ; et Sophie Berthelot, l'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.
Pourquoi avoir transféré Sophie Berthelot au Panthéon avec son mari en 1907 ? Peut-être pour la simple raison qu'elle était morte quinze minutes avant lui... Une belle preuve d'amour.
Marie Curie, elle à qui l'humanité doit tant et qui mourut des conséquences de ses travaux sur la radioactivité, dut attendre 1995 pour gravir la montagne Sainte-Geneviève et être enterrée au Panthéon...
Nanette
lundi 27 janvier 2014
TUNISIE : bravo !!!
Quel bonheur d'apprendre dès hier soir aux environs de minuit les résultats du vote par l'Assemblée Nationale Constituante du projet de constitution : 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions.
Enfin, çà y est, la Tunisie sort du tunnel. Il lui a fallu trois ans pour accoucher de ce texte d'une modernité vers laquelle bien des pays, occidentaux ou arabes, peuvent lorgner.
Et puis, pour achever l'œuvre de reconstruction, le nouveau Premier Ministre Mehdi Jomââ, a réussi à former un gouvernement composé uniquement de personnalités "compétentes".
Bien sûr, tout n'est pas gagné et les islamistes les plus radicaux ainsi que l'opposition de gauche la plus rude ne vont pas se fondre dans la masse sans réagir. mais le principal semble atteint : les Tunisiens se sont ressaisis, sous diverses pressions -économiques, diplomatiques- et, craignant de connaître le sort des Frères Musulmans en Egypte, les membres d'Ennadha ont fait profil bas.
Maintenant, pour que ceux (dont quelques artisans de paix du dialogue interreligieux) qui ont travaillé sans relâche avec pugnacité depuis trois ans voient leurs efforts enfin profitables au pays, il n'y a plus... qu'à se retrousser les manches et à se mettre véritablement au travail.
Le pays et le peuple tunisien le valent bien !
ANNETTE BRIERRE
Enfin, çà y est, la Tunisie sort du tunnel. Il lui a fallu trois ans pour accoucher de ce texte d'une modernité vers laquelle bien des pays, occidentaux ou arabes, peuvent lorgner.
Et puis, pour achever l'œuvre de reconstruction, le nouveau Premier Ministre Mehdi Jomââ, a réussi à former un gouvernement composé uniquement de personnalités "compétentes".
Bien sûr, tout n'est pas gagné et les islamistes les plus radicaux ainsi que l'opposition de gauche la plus rude ne vont pas se fondre dans la masse sans réagir. mais le principal semble atteint : les Tunisiens se sont ressaisis, sous diverses pressions -économiques, diplomatiques- et, craignant de connaître le sort des Frères Musulmans en Egypte, les membres d'Ennadha ont fait profil bas.
Maintenant, pour que ceux (dont quelques artisans de paix du dialogue interreligieux) qui ont travaillé sans relâche avec pugnacité depuis trois ans voient leurs efforts enfin profitables au pays, il n'y a plus... qu'à se retrousser les manches et à se mettre véritablement au travail.
Le pays et le peuple tunisien le valent bien !
ANNETTE BRIERRE
Adieu, ma concubine...
Oui, oui, bon, faire resurgir de ma mémoire ce merveilleux film chinois "Adieu ma concubine" à l'occasion du déplacement en Inde de l'ex compagne du président François Hollande, Valérie Trierweiler pourrait sembler terriblement... macho, voire méprisant.
Et pourtant : est-ce être féministe que de défendre bec et ongles une dame qui, de toute évidence, n'avait pas sa place au Palais de l'Elysée ?
Sans reprendre les informations qui viennent d'occuper la planète médiatique de la terre entière (?) concernant les amours présidentielles, je rappellerai seulement quelques initiatives désastreuses de Valérie Trierweiler dès l'élection présidentielle : son injonction au président de l'embrasser sur la bouche, au soir de l'élection présidentielle, devant les caméras de tout le pays à Tulle ; son comportement à la mairie de Paris lors de la présentation des corps constitués au Président, le fameux tweet de soutien envoyé à l'adversaire politique de Ségolène Royal lors de l'élection législative de La Rochelle, ce que les quatre enfants du couple Hollande-Royal ne lui pardonneront pas.
Bref, on pourrait allonger la liste des impairs commis par celle qu'on a malencontreusement appelée "la première dame" tout au long de ces vingt mois de présidence hollandaise.
Etre féministe, c'est avant tout ressentir la conscience d'une certaine dignité à respecter, d'une défense de certaines valeurs à défendre et à vivre soi-même. Pour accepter d'occuper le Palais de l'Elysée, de représenter la France sur la terre entière pendant la durée du mandat présidentiel, il faut un profil bien particulier fait de courage, d'intelligence et d'équilibre. Peu importe qu'on soit marié ou seulement compagnon ou compagne, qu'on soit hétéro ou homosexuel, grand ou petit, beau ou laid, de gauche ou de droite. Ce qui compte c'est la force de caractère d'une personnalité, sa capacité à faire front. Bernadette Chirac et Danièle Mitterrand, épouses bien chahutées par les multiples infidélités de leurs maris, ont su magnifiquement tenir leur rang. Ce qui semble ne pas être le cas de Valérie Trierweiler.
Dans le cas présent, il y a tout simplement eu une erreur de casting.
Espérons que François Hollande saura tirer la leçon de cette dommageable aventure.
Nanette
Et pourtant : est-ce être féministe que de défendre bec et ongles une dame qui, de toute évidence, n'avait pas sa place au Palais de l'Elysée ?
Sans reprendre les informations qui viennent d'occuper la planète médiatique de la terre entière (?) concernant les amours présidentielles, je rappellerai seulement quelques initiatives désastreuses de Valérie Trierweiler dès l'élection présidentielle : son injonction au président de l'embrasser sur la bouche, au soir de l'élection présidentielle, devant les caméras de tout le pays à Tulle ; son comportement à la mairie de Paris lors de la présentation des corps constitués au Président, le fameux tweet de soutien envoyé à l'adversaire politique de Ségolène Royal lors de l'élection législative de La Rochelle, ce que les quatre enfants du couple Hollande-Royal ne lui pardonneront pas.
Bref, on pourrait allonger la liste des impairs commis par celle qu'on a malencontreusement appelée "la première dame" tout au long de ces vingt mois de présidence hollandaise.
Etre féministe, c'est avant tout ressentir la conscience d'une certaine dignité à respecter, d'une défense de certaines valeurs à défendre et à vivre soi-même. Pour accepter d'occuper le Palais de l'Elysée, de représenter la France sur la terre entière pendant la durée du mandat présidentiel, il faut un profil bien particulier fait de courage, d'intelligence et d'équilibre. Peu importe qu'on soit marié ou seulement compagnon ou compagne, qu'on soit hétéro ou homosexuel, grand ou petit, beau ou laid, de gauche ou de droite. Ce qui compte c'est la force de caractère d'une personnalité, sa capacité à faire front. Bernadette Chirac et Danièle Mitterrand, épouses bien chahutées par les multiples infidélités de leurs maris, ont su magnifiquement tenir leur rang. Ce qui semble ne pas être le cas de Valérie Trierweiler.
Dans le cas présent, il y a tout simplement eu une erreur de casting.
Espérons que François Hollande saura tirer la leçon de cette dommageable aventure.
Nanette
dimanche 12 janvier 2014
CINEMA : trois films inévitables
Une fois n'est pas coutume : j'ai envie de parler de trois films vus très récemment et qui me semblent particulièrement importants pour comprendre l'évolution de nos sociétés.
Il s'agit de deux films français : "Les garçons et Guillaume, à table !", écrit et réalisé par Guillaume Gallienne, et "La vie d'Adèle", d'Abdellatif Kechiche, Palme d'or au dernier Festival de Cannes. Quant au troisième film, il est britannique : "Philomena", du grand Stephen Frears.
Pourquoi faire un tel rapprochement entre ces trois films ? Il me semble qu'on y traite, sous des angles différents, l'essentiel des questions qui bouleversent nos vies intimes : le rapport à la sexualité, le rapport à la spiritualité et aux religions.
On pourrait dire que Guillaume Gallienne, extraordinaire acteur jouant sa propre histoire, et Abdellatif Kechiche abordent l'un et l'autre, par des voies complémentaires, la question du genre, celle de la détermination sexuelle.
Dans le monde très grand bourgeois parisien de Guillaume, on est corseté, engoncé dans les principes et les codes. Tout comme dans celui de "la fille aux cheveux bleus" de "La vie d'Adèle" ; là, ce sont les principes et les codes sociaux d'un monde pseudo-intellectuel parisien, artistique et apparemment libéré. Chez les Gallienne, les garçons sont virils, sportifs et beaux. Chez la fille aux cheveux bleus, on est gay, lesbienne, peintre, cultivé, sans morale ni affect.
Seulement voilà, il y a des grains de sable : madame Gallienne-mère, en manque de fille au milieu de ses quatre garçons, a décidé inconsciemment que Guillaume, le petit dernier qui n'est ni sportif ni très beau, serait une fille... Et la fille aux cheveux bleus, sans foi ni loi, n'avait pas prévu qu'Adèle-la-pure, la passionnée entrerait dans sa vie. Avec toutes les conséquences pour l'une comme pour l'autre.
Car enfin Guillaume va devoir traverser les pires affres pour surmonter les préjugés familiaux et autres faisant de lui un homosexuel qu'il n'est pas. Et Adèle, adolescente en quête de son identité, avec des parents modestes et simples, sortira totalement essorée de son histoire d'amour avec la fille aux cheveux bleus qui, elle, retournera dans son monde pseudo-cultivé et pseudo-libéré après avoir fondé le plus bourgeoisement du monde "une famille" avec une amie qui a eu un enfant par insémination artificielle... La confusion des genres est totale !
Dans un cas, la société bien-pensante a failli rendre définitivement malheureux un homme qu'elle voulait femme. Dans l'autre cas, une autre société bien-pensante, "libérée" celle-là, a cruellement fait perdre tous ses repères sociaux et moraux à une jeune fille simple en quête d'elle-même.
"Philomena" traite d'un sujet déjà connu, bouleversant, terrible : dans l'Irlande ultra-catholique d'il y a encore peu d'années, de pauvres gamines qui avaient eu le malheur de "tomber enceintes" étaient placées par leurs familles dans des couvents dignes de l'enfer... Il fallait qu'elles paient leur péché et fassent rédemption en travaillant comme des esclaves ! Le plus souvent, quand elles ne mouraient pas en couches et que leur bébé survivait, on le "vendait" à des couples fortunés en mal d'enfants. L'horreur si bien décrite dans un film précédent, "Magdalene Sisters". Cette histoire vraie de Philomena Lee, à qui on arracha son enfant à l'âge de trois ans pour le vendre à un couple d'Américains raconte comment cette infirmière à la foi sincère et simple accomplit sur elle-même et sur le journaliste qui l'accompagne dans tout son périple pour retrouver la trace de son enfant, 50 ans après, un travail à la fois humain et spirituel. Il n'y a en elle nulle révolte, nulle condamnation envers ces religieuses elles-mêmes enfermées dans un système digne du Moyen-Age. Au contraire, elle n'est que bienveillance et pardon. Elle n'est qu'amour de l'autre, quel qu'il soit. Bouleversant.
Encore un petit mot : le pape François a décidé d'organiser un synode sur la famille en octobre prochain au Vatican. Pour préparer ces travaux, un questionnaire a été envoyé à toutes les paroisses du monde dans le but de prendre la température du "peuple de Dieu".
Dans l'une des questions posées, il est rappelé que les divorcés remariés et les personnes vivant en union libre n'ont accès ni à l'Eucharistie, ni au sacrement de réconciliation... Voilà qui devrait faire le ménage ! Il y a au moins un secteur où l'Eglise pourrait faire des économies notoires : l'achat d'hosties.
Nanette
Il s'agit de deux films français : "Les garçons et Guillaume, à table !", écrit et réalisé par Guillaume Gallienne, et "La vie d'Adèle", d'Abdellatif Kechiche, Palme d'or au dernier Festival de Cannes. Quant au troisième film, il est britannique : "Philomena", du grand Stephen Frears.
Pourquoi faire un tel rapprochement entre ces trois films ? Il me semble qu'on y traite, sous des angles différents, l'essentiel des questions qui bouleversent nos vies intimes : le rapport à la sexualité, le rapport à la spiritualité et aux religions.
On pourrait dire que Guillaume Gallienne, extraordinaire acteur jouant sa propre histoire, et Abdellatif Kechiche abordent l'un et l'autre, par des voies complémentaires, la question du genre, celle de la détermination sexuelle.
Dans le monde très grand bourgeois parisien de Guillaume, on est corseté, engoncé dans les principes et les codes. Tout comme dans celui de "la fille aux cheveux bleus" de "La vie d'Adèle" ; là, ce sont les principes et les codes sociaux d'un monde pseudo-intellectuel parisien, artistique et apparemment libéré. Chez les Gallienne, les garçons sont virils, sportifs et beaux. Chez la fille aux cheveux bleus, on est gay, lesbienne, peintre, cultivé, sans morale ni affect.
Seulement voilà, il y a des grains de sable : madame Gallienne-mère, en manque de fille au milieu de ses quatre garçons, a décidé inconsciemment que Guillaume, le petit dernier qui n'est ni sportif ni très beau, serait une fille... Et la fille aux cheveux bleus, sans foi ni loi, n'avait pas prévu qu'Adèle-la-pure, la passionnée entrerait dans sa vie. Avec toutes les conséquences pour l'une comme pour l'autre.
Car enfin Guillaume va devoir traverser les pires affres pour surmonter les préjugés familiaux et autres faisant de lui un homosexuel qu'il n'est pas. Et Adèle, adolescente en quête de son identité, avec des parents modestes et simples, sortira totalement essorée de son histoire d'amour avec la fille aux cheveux bleus qui, elle, retournera dans son monde pseudo-cultivé et pseudo-libéré après avoir fondé le plus bourgeoisement du monde "une famille" avec une amie qui a eu un enfant par insémination artificielle... La confusion des genres est totale !
Dans un cas, la société bien-pensante a failli rendre définitivement malheureux un homme qu'elle voulait femme. Dans l'autre cas, une autre société bien-pensante, "libérée" celle-là, a cruellement fait perdre tous ses repères sociaux et moraux à une jeune fille simple en quête d'elle-même.
"Philomena" traite d'un sujet déjà connu, bouleversant, terrible : dans l'Irlande ultra-catholique d'il y a encore peu d'années, de pauvres gamines qui avaient eu le malheur de "tomber enceintes" étaient placées par leurs familles dans des couvents dignes de l'enfer... Il fallait qu'elles paient leur péché et fassent rédemption en travaillant comme des esclaves ! Le plus souvent, quand elles ne mouraient pas en couches et que leur bébé survivait, on le "vendait" à des couples fortunés en mal d'enfants. L'horreur si bien décrite dans un film précédent, "Magdalene Sisters". Cette histoire vraie de Philomena Lee, à qui on arracha son enfant à l'âge de trois ans pour le vendre à un couple d'Américains raconte comment cette infirmière à la foi sincère et simple accomplit sur elle-même et sur le journaliste qui l'accompagne dans tout son périple pour retrouver la trace de son enfant, 50 ans après, un travail à la fois humain et spirituel. Il n'y a en elle nulle révolte, nulle condamnation envers ces religieuses elles-mêmes enfermées dans un système digne du Moyen-Age. Au contraire, elle n'est que bienveillance et pardon. Elle n'est qu'amour de l'autre, quel qu'il soit. Bouleversant.
Encore un petit mot : le pape François a décidé d'organiser un synode sur la famille en octobre prochain au Vatican. Pour préparer ces travaux, un questionnaire a été envoyé à toutes les paroisses du monde dans le but de prendre la température du "peuple de Dieu".
Dans l'une des questions posées, il est rappelé que les divorcés remariés et les personnes vivant en union libre n'ont accès ni à l'Eucharistie, ni au sacrement de réconciliation... Voilà qui devrait faire le ménage ! Il y a au moins un secteur où l'Eglise pourrait faire des économies notoires : l'achat d'hosties.
Nanette
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