Il me revient en mémoire... "Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris..." Victor Hugo et son "Art d'être grand père."
Petit bonheur qui transforme une longue journée.
Sortant de chez le dentiste, cet après-midi, une molaire en moins et la bouche en biais, je m'installe dans le tramway pour rentrer chez moi, un peu dolente. Et, ô divine surprise, mon petit-fils Antoine entre dans mon wagon et s'assied à côté de moi ! 12 ans tout juste. Fier comme tout, ce matin il a pris pour la première fois le tram tout seul, a changé pour le métro et s'est rendu comme un grand chez son autre grand'mère. Et voilà qu'au retour, il tombe sur moi, en retrouvant le tram.
Je ne sais pas pourquoi mais sa jeune présence me rassure. Comme s'il pouvait me protéger en cas de besoin... Un bain de jouvence totalement imprévu.
C'est fou comme le simple fait d'avoir perdu une dent, la première, peut donner une impression de fragilité.
Et c'est beau, cet enfant qui apparaît plein de grâce dans mon horizon, qui s'enhardit dans la découverte de la vie, confiant et sans peur.
Mieux que la première gorgée de bière chère à Philippe Delerm, le surgissement de mon petit bonhomme m'a remplie du lait de l'humaine tendresse...
Nanette
mercredi 25 juin 2014
dimanche 1 juin 2014
Le Saint-Esprit se rebiffe !
Allons bon ! Voilà que la belle et prometteuse rencontre proposée par le pape François à Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne et à Shimon Peres, président de l'Etat d'Israël dans sa "maison" du Vatican n'aura pas lieu le 6 juin comme je l'avais annoncé avec grand enthousiasme... Pour cause de prière musulmane le vendredi 6 puis de shabbat le samedi 7, c'est donc le dimanche 8 juin qu'aura lieu cette extraordinaire réunion de prière.
Tout comptes faits, ce n'est pas plus mal ; c'est le dimanche de la Pentecôte et le Saint-Esprit, censé descendre sur l'humanité ce jour-là aura fort à faire ! Et puis, plus prosaïquement, les medias seront accaparés par les cérémonies du 70ème anniversaire du Débarquement allié le 6 juin, en Normandie principalement. Obama, la reine d'Angleterre, Poutine et tant d'autres personnages très importants mobiliseront micros et caméras du monde entier (ou presque !), ce qui aurait grandement nui à la rencontre vaticane...d'un autre intérêt pour l'avenir du monde. Mais c'est ainsi !
Sans doute un bon tour du Saint-Esprit.
Nanette
Tout comptes faits, ce n'est pas plus mal ; c'est le dimanche de la Pentecôte et le Saint-Esprit, censé descendre sur l'humanité ce jour-là aura fort à faire ! Et puis, plus prosaïquement, les medias seront accaparés par les cérémonies du 70ème anniversaire du Débarquement allié le 6 juin, en Normandie principalement. Obama, la reine d'Angleterre, Poutine et tant d'autres personnages très importants mobiliseront micros et caméras du monde entier (ou presque !), ce qui aurait grandement nui à la rencontre vaticane...d'un autre intérêt pour l'avenir du monde. Mais c'est ainsi !
Sans doute un bon tour du Saint-Esprit.
Nanette
lundi 26 mai 2014
François à Yad Vashem : "Adam, où es-tu ?"
Décidément, ce pape François a le génie de la véritable communication, celle qui relie les hommes entre eux en ce qu'ils ont de plus intime : j'entends ce matin à la radio que la rencontre entre Shimon Peres, Mahmoud Abbas et le pape aura lieu au Vatican le 6 juin prochain. Le jour du 70 ème anniversaire du Débarquement allié en Normandie ! Le jour du début de la fin pour les troupes nazies, l'aube de la reconquête de la liberté et de la paix...
Tandis que sur les plages du Débarquement en Normandie, chefs d'Etat et de gouvernements, rois, reines et officiels en tout genre célèbreront ce jour béni pour l'humanité, trois hommes de bonne volonté portés par un même désir de paix se retrouveront au Vatican pour prier, chacun dans leur foi.
"Homme, qui es-tu ? Qui t'a fait tomber si bas ?" dit, bouleversé, le pape à Yad Vashem.
En invitant les présidents Abbas, de Palestine et Peres, d'Israël à le rencontrer au Vatican, François souhaite trouver un début de réponse à cette interrogation lancinante qui habite notre siècle.
Qui dira encore que le voyage du pape qui se termine dans quelques heures n'est qu'un "pèlerinage en Terre Sainte" ?
On en découvrira dans les jours qui viennent toute la portée politique sous tendue par une puissance spirituelle sans précédent.
Nanette
Tandis que sur les plages du Débarquement en Normandie, chefs d'Etat et de gouvernements, rois, reines et officiels en tout genre célèbreront ce jour béni pour l'humanité, trois hommes de bonne volonté portés par un même désir de paix se retrouveront au Vatican pour prier, chacun dans leur foi.
"Homme, qui es-tu ? Qui t'a fait tomber si bas ?" dit, bouleversé, le pape à Yad Vashem.
En invitant les présidents Abbas, de Palestine et Peres, d'Israël à le rencontrer au Vatican, François souhaite trouver un début de réponse à cette interrogation lancinante qui habite notre siècle.
Qui dira encore que le voyage du pape qui se termine dans quelques heures n'est qu'un "pèlerinage en Terre Sainte" ?
On en découvrira dans les jours qui viennent toute la portée politique sous tendue par une puissance spirituelle sans précédent.
Nanette
dimanche 25 mai 2014
Bethléem : concert céleste
Magnifique concordance de temps : au moment où le chœur palestinien chrétien entonnait le Regina Coeli alors que se terminait la messe présidée par le pape François sur la Place de la Mangeoire, à Bethléem, ce matin, le muezzin lançait son appel à la prière de 13 heures du haut du minaret de la mosquée toute proche ! Les voix s'entremêlaient dans un concert céleste qu'on voudrait plus fréquent...
Symbole de ce que peut être la vie quotidienne dans cette Palestine multi-millénaire et multi-confessionnelle, à la fois si proche et si différente, ce court épisode de la visite du pape en Terre Sainte m'a remplie de bonheur et d'espérance ! Mais tout ce bref périple en Jordanie, Palestine et Israël de ce pape décidément courageux n'est qu'une suite de gestes prophétiques dont le plus fort restera sans doute l'invitation faite par le pape à Shimon Peres et à Mahmoud Abbas de venir au Vatican prier avec lui pour la paix entre leurs deux pays ! Invitation aussitôt acceptée par les deux hommes politiques.
Décidément, il se passe quelque chose d'inédit et de colossal sur cette terre berceau des trois monothéismes.
Nanette
Symbole de ce que peut être la vie quotidienne dans cette Palestine multi-millénaire et multi-confessionnelle, à la fois si proche et si différente, ce court épisode de la visite du pape en Terre Sainte m'a remplie de bonheur et d'espérance ! Mais tout ce bref périple en Jordanie, Palestine et Israël de ce pape décidément courageux n'est qu'une suite de gestes prophétiques dont le plus fort restera sans doute l'invitation faite par le pape à Shimon Peres et à Mahmoud Abbas de venir au Vatican prier avec lui pour la paix entre leurs deux pays ! Invitation aussitôt acceptée par les deux hommes politiques.
Décidément, il se passe quelque chose d'inédit et de colossal sur cette terre berceau des trois monothéismes.
Nanette
dimanche 27 avril 2014
Quatuor papal : allegro vivace !
Ils étaient bien là, les quatre papes, sur la place St-Pierre noire de monde, en ce dimanche matin de canonisation. Bien là et tellement vivants qu'il était difficile d'admettre que deux d'entre eux n'étaient présents que par le truchement de petites fioles de sang enchâssées dans des reliquaires en argent. Jean XXIII, Jean-Paul II, Benoît XVI et François : quelle improbable et unique brochette papale que l'Histoire ne manquera pas de retenir comme exemple d'une institution en grande mutation... "Allegro vivace" ! aurait-on envie de rétorquer aux funestes prophètes qui voudraient enterrer avant l'heure une Eglise catholique déclinante, du moins en Occident.
Nous revenaient en mémoire, dans notre chair, des événements parmi les plus beaux du dernier siècle : le bon pape Jean, tout en rondeurs bienveillantes, maintenant saint Jean XXIII, lorsqu'il fut nonce à Paris sous le nom de cardinal Roncalli dans des périodes politiques fort agitées ou lorsque, fraîchement élu pape, il annonça d'une voix douce : "Nous voulons faire un concile", véritable coup de tonnerre parmi les princes d'une l'Eglise encore engoncée dans ses ors et ses fastes.
Et comment ne pas poursuivre notre cheminement à la fois humain et spirituel avec le splendide Jean-Paul II, à l'humanité tellement proche de la nôtre dans ses passions, journaliste, homme de théâtre, grand montagnard, homme aimé d'une femme qui, venant le voir un jour au Vatican, se précipita dans ses bras en l'appelant "mon bien-aimé" ! Lui, l'homme politique qui contribua à la chute du mur de Berlin, qui sut conquérir le cœur de millions de jeunes désorientés et leur offrir une boussole spirituelle en leur proposant des JMJ à travers la planète. Lui, devenu ce vieillard souffrant qui choisit d'exposer sa déchéance physique jusqu'aux portes de la mort, à l'image du Christ en croix.
Les deux portraits géants accrochés à la façade de la basilique St-Pierre nous rendaient ces deux hommes d'exception dans toute leur présence : le bon regard de Jean XXIII que l'on aurait aimé avoir pour grand père ; le regard d'une malicieuse et vive intelligence de Jean-Paul II offert comme un cadeau.
Fragile et humble, assis parmi ses confrères cardinaux et évêques, Benoît XVI, pape émérite si heureux d'avoir retrouvé la paix de l'âme et la compagnie de son piano au sein du monastère qui l'abrite dans les jardins du Vatican, fut longuement applaudi par la foule, place St-Pierre. Sans doute rendait-on hommage à ce grand intellectuel, théologien rigoureux et défenseur de la grande Tradition chrétienne plus que pasteur, artiste raffiné et délicat qui restera dans l'Histoire de l'Eglise pour ses écrits, sa dénonciation vigoureuse des scandales des prêtres pédophiles et sa courageuse renonciation au "trône de St-Pierre" lorsqu'il se sentit incapable d'affronter une trop grande modernité envahissante.
Et puis François : ce pape venu du Nouveau Monde comme il s'est lui-même défini, pasteur parmi les siens, qui ne cesse de dénoncer le scandale de la pauvreté et de la destruction de la planète, humble parmi les humbles, vivant le plus normalement du monde et s'entourant d'hommes compétents et ouverts pour gérer les dossiers les plus sensibles de l'Eglise. Capable aussi d'affronter jusqu'au péril de sa vie ceux qui le trouvent bien encombrant... Difficile d'être plus en phase avec la vraie vie et ses réalités profanes !
Oui, sans doute y avait-il beaucoup d'allegro vivace dans les cœurs des 800 000 personnes réunies aujourd'hui à Rome pour rendre grâces à ce quatuor papal d'exception...
Nanette
Nous revenaient en mémoire, dans notre chair, des événements parmi les plus beaux du dernier siècle : le bon pape Jean, tout en rondeurs bienveillantes, maintenant saint Jean XXIII, lorsqu'il fut nonce à Paris sous le nom de cardinal Roncalli dans des périodes politiques fort agitées ou lorsque, fraîchement élu pape, il annonça d'une voix douce : "Nous voulons faire un concile", véritable coup de tonnerre parmi les princes d'une l'Eglise encore engoncée dans ses ors et ses fastes.
Et comment ne pas poursuivre notre cheminement à la fois humain et spirituel avec le splendide Jean-Paul II, à l'humanité tellement proche de la nôtre dans ses passions, journaliste, homme de théâtre, grand montagnard, homme aimé d'une femme qui, venant le voir un jour au Vatican, se précipita dans ses bras en l'appelant "mon bien-aimé" ! Lui, l'homme politique qui contribua à la chute du mur de Berlin, qui sut conquérir le cœur de millions de jeunes désorientés et leur offrir une boussole spirituelle en leur proposant des JMJ à travers la planète. Lui, devenu ce vieillard souffrant qui choisit d'exposer sa déchéance physique jusqu'aux portes de la mort, à l'image du Christ en croix.
Les deux portraits géants accrochés à la façade de la basilique St-Pierre nous rendaient ces deux hommes d'exception dans toute leur présence : le bon regard de Jean XXIII que l'on aurait aimé avoir pour grand père ; le regard d'une malicieuse et vive intelligence de Jean-Paul II offert comme un cadeau.
Fragile et humble, assis parmi ses confrères cardinaux et évêques, Benoît XVI, pape émérite si heureux d'avoir retrouvé la paix de l'âme et la compagnie de son piano au sein du monastère qui l'abrite dans les jardins du Vatican, fut longuement applaudi par la foule, place St-Pierre. Sans doute rendait-on hommage à ce grand intellectuel, théologien rigoureux et défenseur de la grande Tradition chrétienne plus que pasteur, artiste raffiné et délicat qui restera dans l'Histoire de l'Eglise pour ses écrits, sa dénonciation vigoureuse des scandales des prêtres pédophiles et sa courageuse renonciation au "trône de St-Pierre" lorsqu'il se sentit incapable d'affronter une trop grande modernité envahissante.
Et puis François : ce pape venu du Nouveau Monde comme il s'est lui-même défini, pasteur parmi les siens, qui ne cesse de dénoncer le scandale de la pauvreté et de la destruction de la planète, humble parmi les humbles, vivant le plus normalement du monde et s'entourant d'hommes compétents et ouverts pour gérer les dossiers les plus sensibles de l'Eglise. Capable aussi d'affronter jusqu'au péril de sa vie ceux qui le trouvent bien encombrant... Difficile d'être plus en phase avec la vraie vie et ses réalités profanes !
Oui, sans doute y avait-il beaucoup d'allegro vivace dans les cœurs des 800 000 personnes réunies aujourd'hui à Rome pour rendre grâces à ce quatuor papal d'exception...
Nanette
mardi 15 avril 2014
Gentils bigames
Comme ils étaient charmants, ces deux-là, candides et pleins de fraîcheur dans leur adolescence qui nous rappelait la nôtre... Comme on a aimé les entendre et les réentendre sur la platine de notre Teppaz trônant dans notre chambre aux murs tapissés de photos de Gérard Philipe, de Jean-Pierre Pedrazzini, de doubles pages de Paris-Match reproduisant les tableaux de Paul Gauguin à Tahiti...
Oui, ils ont accompagné nos rêveries adolescentes, ces deux-là, le doux et tendre Adamo, le beau et héroïque Hugues Auffray !
Et puis les voilà, blanchis sous le harnois, hier soir pendant plus de deux heures chez Mireille Dumas, la grande accoucheuse de stars, se livrant sans fard, avec une sincérité qui nous les rendait si proches. Nos grands frères !
Le cher Salvatore à la voix inclassable, "comme celle d'Aznavour" dit-il lui-même, sur laquelle on n'aurait pas parié une lire à son arrivée de Sicile et qui, à 70 ans, continue de remplir les salles et à faire chavirer les dames, toutes générations confondues ! Quelle gentillesse, quel amour profond anime cet homme-là quand il raconte ce que fut sa vie ! Le petit Sicilien arrivé dans les corons de Belgique avec ses parents, chassés de chez eux par la misère, n'en revient toujours pas du parcours qui fut le sien. Les bluettes ont fait sa fortune, la chansonnette qu'on fredonne sur la planète entière mais surtout au Japon où il a quasiment rang d'icône hante notre mémoire. Grâce aux documents d'archives on découvre peu à peu ce qui fut son drame : en 1966, sur une plage de Sicile, ce père adoré qui déjà l'accompagne dans ses tournées et lui sert de mentor se précipite dans la mer pour sauver une petite cousine. La vague les emporte tous les deux. Adamo a 23 ans ; il se retrouve chef de famille, responsable de sa mère et de 6 petits frères et sœurs. Pas question de se dérober. Salvatore est à l'aube de sa carrière, jamais il n'abandonnera sa famille, quoi qu'il lui en coûte. Tout jeune, il épouse Nicole, son amie d'enfance. Heureux époux, heureux père, artiste comblé, richissime, un cœur gros comme çà...
Hugues Auffray, c'est l'éternel cow-boy. Le beau gosse à la voix de séducteur, inoubliable, chaleureuse. Il gratte la guitare avec élégance. Il est l'aisance personnifiée. Pas étonnant avec la mère qu'il a eue, grande aristocrate gasconne, tandis que son père était lui aussi "bien né".
Très tôt, Hugues quitte le domicile familial où la discorde s'est établie entre les parents. Un divorce simplifie les choses mais l'adolescent hante les rues de Paris, la guitare à la main et s'essaie à la chanson. La suite, on la connaît : à près de 85 ans, Hugues Auffray, crinière au vent, santiagues aux pieds, poursuit sa route de bête de scène avec une fougue défiant tous les gériatres... A peine entonne-t-il son superbe "Santiano..." que les salles chavirent de bonheur... A peine évoque-t-il son "beau cheval blanc" que les larmes perlent aux paupières... Increvable, cet Hugues, lui aussi marié très jeune à celle qu'il aime toujours. Deux filles superbes, maintenant grand père comblé.
Et pourtant, que se passe-t-il en fin d'émission ?
Le gentil Salvatore nous apprend que, oui, il aime sa Nicole plus que tout, qu'il ne la quittera jamais ; mais voilà, on le voit chantant avec une superbe jeune femme brune de 25 ans, sa fille qu'il a eue avec une autre dame, qu'il l'a reconnue à la naissance et qu'il n'y a pas là matière à faire un drame.
Et voilà que Hugues l'impétueux apparaît lui aussi dans les bras d'une magnifique jeune femme brune, sa nouvelle compagne qui lui donne tant d'énergie ! C'est donc çà, sa mystérieuse recette de jouvence... Mais il raconte ce bel amour avec une telle simplicité, tant de délicate humanité qu'il est impossible de lui reprocher quoi que ce soit. Sa femme et lui s'aimeront toujours, ils sont soudés pour l'éternité ; mais il avait besoin... il l'explique avec tant de lucide tendresse qu'on en est tout remué.
Sa blessure à lui est insondable : son frère aîné qu'il admirait tant et qui avait tous les dons pour devenir un immense chanteur, ce frère tant aimé s'est suicidé à 26 ans alors que lui, Hugues, en avait 25. Une plaie béante, définitive. "C'est lui qui devait être chanteur, pas moi, confesse-t-il ; moi, je voulais être sculpteur". Dans la grande salle de séjour de sa maison, partout des têtes sculptées, en bronze, en terre, en plâtre. Le petit garçon au cœur infirme a fini par réaliser son rêve.
Nanette
Oui, ils ont accompagné nos rêveries adolescentes, ces deux-là, le doux et tendre Adamo, le beau et héroïque Hugues Auffray !
Et puis les voilà, blanchis sous le harnois, hier soir pendant plus de deux heures chez Mireille Dumas, la grande accoucheuse de stars, se livrant sans fard, avec une sincérité qui nous les rendait si proches. Nos grands frères !
Le cher Salvatore à la voix inclassable, "comme celle d'Aznavour" dit-il lui-même, sur laquelle on n'aurait pas parié une lire à son arrivée de Sicile et qui, à 70 ans, continue de remplir les salles et à faire chavirer les dames, toutes générations confondues ! Quelle gentillesse, quel amour profond anime cet homme-là quand il raconte ce que fut sa vie ! Le petit Sicilien arrivé dans les corons de Belgique avec ses parents, chassés de chez eux par la misère, n'en revient toujours pas du parcours qui fut le sien. Les bluettes ont fait sa fortune, la chansonnette qu'on fredonne sur la planète entière mais surtout au Japon où il a quasiment rang d'icône hante notre mémoire. Grâce aux documents d'archives on découvre peu à peu ce qui fut son drame : en 1966, sur une plage de Sicile, ce père adoré qui déjà l'accompagne dans ses tournées et lui sert de mentor se précipite dans la mer pour sauver une petite cousine. La vague les emporte tous les deux. Adamo a 23 ans ; il se retrouve chef de famille, responsable de sa mère et de 6 petits frères et sœurs. Pas question de se dérober. Salvatore est à l'aube de sa carrière, jamais il n'abandonnera sa famille, quoi qu'il lui en coûte. Tout jeune, il épouse Nicole, son amie d'enfance. Heureux époux, heureux père, artiste comblé, richissime, un cœur gros comme çà...
Hugues Auffray, c'est l'éternel cow-boy. Le beau gosse à la voix de séducteur, inoubliable, chaleureuse. Il gratte la guitare avec élégance. Il est l'aisance personnifiée. Pas étonnant avec la mère qu'il a eue, grande aristocrate gasconne, tandis que son père était lui aussi "bien né".
Très tôt, Hugues quitte le domicile familial où la discorde s'est établie entre les parents. Un divorce simplifie les choses mais l'adolescent hante les rues de Paris, la guitare à la main et s'essaie à la chanson. La suite, on la connaît : à près de 85 ans, Hugues Auffray, crinière au vent, santiagues aux pieds, poursuit sa route de bête de scène avec une fougue défiant tous les gériatres... A peine entonne-t-il son superbe "Santiano..." que les salles chavirent de bonheur... A peine évoque-t-il son "beau cheval blanc" que les larmes perlent aux paupières... Increvable, cet Hugues, lui aussi marié très jeune à celle qu'il aime toujours. Deux filles superbes, maintenant grand père comblé.
Et pourtant, que se passe-t-il en fin d'émission ?
Le gentil Salvatore nous apprend que, oui, il aime sa Nicole plus que tout, qu'il ne la quittera jamais ; mais voilà, on le voit chantant avec une superbe jeune femme brune de 25 ans, sa fille qu'il a eue avec une autre dame, qu'il l'a reconnue à la naissance et qu'il n'y a pas là matière à faire un drame.
Et voilà que Hugues l'impétueux apparaît lui aussi dans les bras d'une magnifique jeune femme brune, sa nouvelle compagne qui lui donne tant d'énergie ! C'est donc çà, sa mystérieuse recette de jouvence... Mais il raconte ce bel amour avec une telle simplicité, tant de délicate humanité qu'il est impossible de lui reprocher quoi que ce soit. Sa femme et lui s'aimeront toujours, ils sont soudés pour l'éternité ; mais il avait besoin... il l'explique avec tant de lucide tendresse qu'on en est tout remué.
Sa blessure à lui est insondable : son frère aîné qu'il admirait tant et qui avait tous les dons pour devenir un immense chanteur, ce frère tant aimé s'est suicidé à 26 ans alors que lui, Hugues, en avait 25. Une plaie béante, définitive. "C'est lui qui devait être chanteur, pas moi, confesse-t-il ; moi, je voulais être sculpteur". Dans la grande salle de séjour de sa maison, partout des têtes sculptées, en bronze, en terre, en plâtre. Le petit garçon au cœur infirme a fini par réaliser son rêve.
Nanette
mardi 8 avril 2014
La belle de Cadix
"La belle de Cadix a des yeux de vélooouuurrrs...
"La belle de Cadix ne veut pas de l'amooouuurrr...
tchica tchica tchic aïe, aïe, aïe !...(bis)
"Ne veut pas de l'amooouuurrr..."
Et voilà : après Juliette Gréco, c'est maintenant le beau, l'irrépressible "prince de l'opérette" et sa voix de velours qui m'obsède quand je pense à nos dirigeants politiques !
Luis Mariano chantant les yeux de velours d'Anne Hidalgo, sa compatriote née tout près de Cadix, Luis Mariano né au Pays basque espagnol, à Irun et enterré à Arcangue, au Pays basque français qui a enflammé des centaines de milliers d'amateurs et surtout d'amatrices de roucoulades à la guimauve ; qui dans les 50 remplissait les stades de sa voix d'or et vendait des disques à pleines brouettes.
Donc la nouvelle maire de Paris aux yeux de velours est française depuis l'âge de 14 ans tandis que Manuel Valls, notre nouveau premier Ministre, né à Barcelone, aux yeux de velours lui aussi et à la tournure de torero, n'a la nationalité française que depuis l'âge de 20 ans.
Et que dire de Nathalie Kosciusko-Morizet, la flamboyante adversaire malheureuse d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris dont les ancêtres n'ont quitté la lointaine Pologne qu'au XIXè siècle, lors de la Monarchie de Juillet ? Son grand père était ambassadeur de France, son arrière-grand père fut l'un des fondateurs du Parti Communiste Français et l'on pense que, par sa mère, la belle NKM serait une lointaine descendante de Lucrèce Borgia...
J'allais oublier : Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas des ancêtres hongrois et même juifs grecs ?
En voilà bien des immigrés !
En voilà bien des ambitieux, des courageux, des amoureux des valeurs de notre République française !
Qui donc oserait encore prétendre que l'intégration n'est pas soluble dans les règles de la république ? Qu'il nous faut bouter hors de France tous ceux dont les aïeux ne remontent pas à saint Louis ou, au moins, à Louis XIV ?
Allez, encore un petit coup de "Belle de Cadix", de "Chanteur de Mexico" ou de "Prince de Madrid" pour faire passer les mauvaises humeurs !
Et vive la chanson française, monsieur Alain Resnais !
Nanette
"La belle de Cadix ne veut pas de l'amooouuurrr...
tchica tchica tchic aïe, aïe, aïe !...(bis)
"Ne veut pas de l'amooouuurrr..."
Et voilà : après Juliette Gréco, c'est maintenant le beau, l'irrépressible "prince de l'opérette" et sa voix de velours qui m'obsède quand je pense à nos dirigeants politiques !
Luis Mariano chantant les yeux de velours d'Anne Hidalgo, sa compatriote née tout près de Cadix, Luis Mariano né au Pays basque espagnol, à Irun et enterré à Arcangue, au Pays basque français qui a enflammé des centaines de milliers d'amateurs et surtout d'amatrices de roucoulades à la guimauve ; qui dans les 50 remplissait les stades de sa voix d'or et vendait des disques à pleines brouettes.
Donc la nouvelle maire de Paris aux yeux de velours est française depuis l'âge de 14 ans tandis que Manuel Valls, notre nouveau premier Ministre, né à Barcelone, aux yeux de velours lui aussi et à la tournure de torero, n'a la nationalité française que depuis l'âge de 20 ans.
Et que dire de Nathalie Kosciusko-Morizet, la flamboyante adversaire malheureuse d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris dont les ancêtres n'ont quitté la lointaine Pologne qu'au XIXè siècle, lors de la Monarchie de Juillet ? Son grand père était ambassadeur de France, son arrière-grand père fut l'un des fondateurs du Parti Communiste Français et l'on pense que, par sa mère, la belle NKM serait une lointaine descendante de Lucrèce Borgia...
J'allais oublier : Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas des ancêtres hongrois et même juifs grecs ?
En voilà bien des immigrés !
En voilà bien des ambitieux, des courageux, des amoureux des valeurs de notre République française !
Qui donc oserait encore prétendre que l'intégration n'est pas soluble dans les règles de la république ? Qu'il nous faut bouter hors de France tous ceux dont les aïeux ne remontent pas à saint Louis ou, au moins, à Louis XIV ?
Allez, encore un petit coup de "Belle de Cadix", de "Chanteur de Mexico" ou de "Prince de Madrid" pour faire passer les mauvaises humeurs !
Et vive la chanson française, monsieur Alain Resnais !
Nanette
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